À l’occasion de la cérémonie de passation de charges au Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), le mardi 26 mai 2026, le nouveau ministre Adin Yeton Bloukounon Goubalan a présenté les grandes orientations de son mandat. Devant les cadres du ministère et les acteurs du secteur agricole, il a dévoilé le projet « Bénin Vert », une ambitieuse stratégie de transformation destinée à moderniser l’agriculture béninoise, renforcer sa résilience face aux changements climatiques et accélérer la création de richesses dans les zones rurales.
Légende : Passation de service
Le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a officiellement tourné une nouvelle page de son histoire. Après huit années passées à la tête du département ministériel, Gaston Cossi Dossouhoui a transmis ses charges à son successeur, Adin Yeton Bloukounon Goubalan. Mais au-delà du caractère protocolaire de cette cérémonie de passation de service, l’événement a surtout été marqué par la présentation d’une nouvelle vision pour le secteur agricole béninois : le projet « Bénin Vert ».
Prenant la parole pour son premier discours officiel en qualité de ministre, Adin Yeton Bloukounon Goubalan a affiché sa volonté d’engager une transformation profonde du secteur. « L’heure n’est plus aux ajustements à la marge. L’heure est à une profonde et véritable révolution agricole béninoise », a-t-il déclaré, donnant ainsi le ton de son mandat.
Pour le nouveau ministre, l’agriculture béninoise dispose d’importants atouts mais demeure confrontée à de nombreux défis structurels. Il a notamment évoqué la faible maîtrise de l’eau agricole, les effets croissants des changements climatiques, la dégradation de la fertilité des sols, l’insuffisance de la mécanisation, les difficultés d’accès aux intrants de qualité et au financement, ainsi que le faible niveau de transformation locale des produits agricoles.
Face à ces contraintes, le projet « Bénin Vert » se veut une réponse globale et ambitieuse. Cette vision repose sur huit axes prioritaires destinés à accélérer la modernisation du secteur agricole. Il s’agit notamment de la transformation des filières agricoles stratégiques, de la révolution de l’eau agricole à travers l’irrigation et la valorisation des ressources hydriques, de la restauration durable des sols, de la modernisation de l’élevage, du développement de la pêche et de l’aquaculture, de l’accélération de l’agro-industrialisation, de la digitalisation du secteur agricole et du renforcement de la protection sociale des producteurs.
Au cœur de cette stratégie figure également une forte dimension environnementale. Le « Bénin Vert » ambitionne de bâtir une agriculture plus résiliente, capable de s’adapter aux aléas climatiques tout en préservant les ressources naturelles. À cet effet, le ministre entend promouvoir des solutions innovantes adaptées aux réalités locales, notamment les systèmes d’irrigation de proximité, la collecte des eaux de pluie, les services agricoles numériques en langues nationales ainsi que les mécanismes d’assurance agricole.
Pour concrétiser cette ambition, Adin Yeton Bloukounon Goubalan a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur. Chercheurs, cadres techniques, responsables des Agences territoriales de développement agricole (ATDA), organisations paysannes et partenaires au développement sont invités à unir leurs efforts afin de faire du « Bénin Vert » une réalité.
De son côté, le ministre sortant, Gaston Cossi Dossouhoui, a salué les avancées enregistrées au cours des dernières années et exprimé sa confiance en la capacité de la nouvelle équipe à poursuivre les réformes engagées. Il a également exhorté son successeur à maintenir la dynamique de travail, de rigueur et de concertation qui a permis au secteur agricole de réaliser des progrès significatifs.
Avec le lancement du projet « Bénin Vert », annoncé dès sa prise de fonction à l’occasion de cette passation de charges, Adin Yeton Bloukounon Goubalan affiche clairement son ambition : faire de l’agriculture béninoise un levier majeur de croissance économique, de création d’emplois et de prospérité durable pour les populations rurales.