Le Bénin s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le renforcement de sa gouvernance environnementale. Ce vendredi 15 mai 2026, les députés de la 10e législature, membres de la Commission du plan, de l’équipement et de la production (C3), ont participé à un séminaire d’imprégnation et d’appropriation du projet de loi sur l’environnement en République du Bénin. Organisée dans le cadre naturel de la vallée de Sitatunga à Zinvié, cette rencontre parlementaire vise à préparer les élus nationaux à l’examen d’un texte stratégique appelé à moderniser profondément le cadre juridique environnemental du pays.
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Le séminaire s’est déroulé en présence du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin DJOGBENOU, dont la participation témoigne de l’importance accordée à cette réforme législative. Le projet de loi ambitionne notamment de remplacer la loi n°98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement, devenue aujourd’hui insuffisamment adaptée face aux nouveaux défis écologiques, climatiques et socio-économiques.
L’ouverture officielle des travaux a été marquée par trois allocutions majeures qui ont permis de situer les enjeux de cette réforme. Le président de la Commission du plan, de l’équipement et de la production, Joseph ANANI, a d’abord salué l’implication du président de l’Assemblée nationale ainsi que l’appui technique et financier du ministère du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable. Il a insisté sur la nécessité pour les parlementaires de maîtriser les différents contours du projet de loi afin de mieux apprécier ses implications lors des débats parlementaires. Prenant ensuite la parole au nom du ministre du Cadre de vie, Jeanne AKAKPO ADANBIOKOU, directrice de cabinet, a présenté le contexte ayant conduit à l’élaboration de ce nouveau texte. Elle a rappelé que les mutations environnementales actuelles, notamment les changements climatiques, la dégradation accélérée des ressources naturelles, la pollution et l’urbanisation croissante, imposent une actualisation profonde du dispositif juridique national. Elle a également exposé les principaux piliers qui serviront de base aux réflexions et analyses des députés au cours du séminaire.
Dans son allocution, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin DJOGBENOU, a particulièrement insisté sur l’urgence d’une réforme environnementale ambitieuse. Selon lui, le Bénin a le devoir de léguer aux générations futures un cadre de vie plus sain et plus durable. Il a plaidé pour une approche holistique de la réforme afin d’assurer une parfaite cohérence entre le futur texte environnemental et les autres instruments juridiques nationaux, notamment les codes foncier, forestier et minier.
Le président du Parlement a également appelé à des débats parlementaires ouverts, transparents et approfondis afin de garantir l’efficacité et l’acceptabilité sociale de la future loi. Il a notamment insisté sur la nécessité d’intégrer des dispositions concrètes relatives à la gestion des déchets, à la lutte contre les pollutions et à la préservation des ressources naturelles. Après la cérémonie d’ouverture, les participants ont suivi trois communications techniques destinées à approfondir leur compréhension des enjeux environnementaux nationaux. La première, intitulée « État des lieux du cadre juridique de l’environnement en République du Bénin », a été présentée par Bertin BOSSOU, assistant du Directeur général de l’Environnement et du Climat. Cette intervention a permis de mettre en lumière les insuffisances de l’actuelle législation environnementale et les défis liés à son application. La deuxième communication, développée par BIAOU Matthieu, chef du service d’adaptation aux changements climatiques, portait sur le thème : « Le Bénin choisit son avenir environnemental ». L’exposé a mis l’accent sur les enjeux climatiques auxquels le pays est confronté ainsi que sur la nécessité d’intégrer davantage les politiques d’adaptation et de résilience dans les stratégies nationales de développement.
Enfin, Pulchérie DONOUMASSOU, cheffe du département de la gestion des pollutions et nuisances, a présenté la troisième communication consacrée au contenu du « Projet de loi sur l’environnement ». Les députés ont ainsi pu prendre connaissance des innovations majeures du texte, notamment le renforcement des procédures d’évaluation environnementale, la protection accrue des écosystèmes, l’encadrement des activités polluantes ainsi que les nouvelles responsabilités des différents acteurs publics et privés. À travers ce séminaire, le Parlement béninois affiche sa volonté de mieux s’approprier les enjeux du développement durable et de doter le pays d’un cadre législatif moderne capable de répondre aux défis environnementaux contemporains. Cette réforme apparaît désormais comme un levier stratégique pour renforcer la protection de l’environnement, améliorer la qualité de vie des populations et soutenir les engagements climatiques du Bénin aux niveaux régional et international.