CRIMINALISATION DES DEFENSEURS ENVIRONNEMENTAUX : L’ACEDH dénonce des poursuites contre les défenseurs Franck Eluo Kombe et Blaise Mundemba

L’ASBL Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits Humains (ACEDH) est montée au créneau face à ce qu’elle qualifie de multiplication des poursuites et arrestations visant les défenseurs environnementaux en République démocratique du Congo. À travers plusieurs notes de dénonciation et appels urgents adressés aux autorités nationales, aux partenaires internationaux ainsi qu’aux organisations de défense des droits humains, la structure dénonce des atteintes graves aux droits fondamentaux de militants engagés dans la protection des forêts, des ressources naturelles et des communautés locales.

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En effet, les cas des défenseurs environnementaux Franck Eluo Kombe et Blaise Mundemba Bamolona sont particulièrement mis en avant par les organisations de la société civile qui parlent désormais d’une «criminalisation» croissante des acteurs écologistes et climatiques en RDC.

Dans un appel urgent daté du 19 mai 2026, l’ACEDH dénonce les poursuites engagées contre Franck Eluo Kombe, président de l’Association pour le Développement Intégral des Peuples Autochtones Pygmées de Bongandanga (ADOPAG Asbl), dans la province de la Mongala. Selon les organisations signataires, le militant aurait été arrêté et placé sous mandat d’arrêt provisoire dans le dossier référencé RMP 3841 PR.06/1/NIL pour des faits d’outrage au magistrat. 

Toutefois, l’ACEDH estime que cette procédure serait liée à ses activités de dénonciation contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et à son implication dans un dossier visant la société forestière «Booming Green », accusée de destruction des forêts, des sources d’eau et d’atteintes aux droits des peuples autochtones pygmées dans le territoire de Bongandanga. 

Dans ce sens, les organisations de défense des droits humains considèrent cette arrestation comme une tentative d’intimidation destinée à réduire au silence un défenseur engagé dans la lutte contre la déforestation et la protection des communautés locales.

Accusations judiciaires et harcèlement

Dans leurs documents, les organisations de la société civile dénoncent une procédure judiciaire menée avec « célérité » et reposant sur ce qu’elles décrivent comme une « gymnastique judiciaire très suspecte ». Elles accusent certains acteurs judiciaires, administratifs et sécuritaires de contribuer à des pratiques assimilées à des « poursuites bâillons » contre les défenseurs climatiques. 

Pour l’ACEDH, ces pratiques fragilisent les efforts de conservation forestière et compromettent les engagements environnementaux de la RDC, notamment dans le contexte des initiatives autour du projet du Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Cette organisation tient à rappeler que l’article 53 de la Constitution garantit à chaque citoyen le droit à un environnement sain ainsi que le devoir de le défendre. Elles estiment que les poursuites engagées contre Franck Eluo Kombe violent plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains et aux libertés fondamentales.

Blaise Mundemba Bamolona détenu à Kinshasa 

Dans une autre dénonciation, l’ACEDH et plusieurs organisations de la société civile alertent sur l’arrestation et la détention jugées « arbitraires » du défenseur environnemental Blaise Mundemba Bamolona au cachot de l’ANR Intérieur à Kinshasa. Selon les organisations signataires, Blaise Mundemba, coordonnateur national de la Fondation Daniel Madjaka Mbambo Asbl basée à Zongo, dans la province du Sud-Ubangi, serait détenu depuis décembre 2025 jusqu’à la mi-mai 2026 dans des conditions dénoncées comme contraires aux droits fondamentaux.

Les organisations expliquent que le militant, engagé dans la lutte contre la déforestation et les questions environnementales, aurait été interpellé après son retour dans la ville de Goma, où il avait participé à un atelier de formation organisé par une ONG. Cependant que l’ACEDH affirme que le défenseur climatique aurait été privé de liberté sans assistance juridique, soustrait à son juge naturel et privé des garanties liées à un procès juste et équitable. 

Tandis qu’une détention arbitraire prolongée, opérée sans respect des normes minimales reconnues aux personnes arrêtées, constitue une violation grave des principes consacrés par la législation congolaise et les instruments internationaux relatifs aux droits humains, passible de sanctions prévues par les lois judiciaires de la République démocratique du Congo.

Face à ces différentes affaires, les organisations de la société civile disent exprimer leur profond regret et condamnent des pratiques qu’elles jugent contraires aux lois de la République, à la Constitution congolaise ainsi qu’aux traités internationaux ratifiés par la RDC. 

Dans cette optique, l’ACEDH appelle ainsi les autorités compétentes à garantir la sécurité des défenseurs environnementaux, à mettre fin aux arrestations arbitraires et à assurer le respect des principes de l’État de droit et des libertés fondamentales. Pour les organisations signataires, la protection des militants écologistes demeure essentielle dans un pays confronté aux défis de la déforestation, de l’exploitation illégale des ressources naturelles et de la préservation des droits des communautés locales et autochtones.


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