Le Rwanda et la Tanzanie ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale en signant un mémorandum d’entente dans le secteur de l’énergie. Conclu en marge du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa, l’accord vise à renforcer les infrastructures énergétiques, promouvoir les énergies renouvelables et développer une coopération régionale capable de soutenir les ambitions énergétiques des deux pays.
Légende : Photo des représentants
L’Afrique de l’Est poursuit sa dynamique de transformation énergétique. Le Rwanda et la Tanzanie ont décidé de consolider leur coopération dans le secteur stratégique de l’énergie à travers la signature d’un mémorandum d’entente destiné à renforcer leurs capacités énergétiques et à accélérer leur transition vers des sources d’énergie plus durables.
L’accord a été conclu à l’issue d’un entretien entre la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan et son homologue rwandais Paul Kagame, en marge du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa tenu le lundi 18 mai.
À travers ce partenariat, les deux États entendent renforcer leur collaboration dans plusieurs domaines stratégiques, notamment le développement des infrastructures énergétiques, la promotion des énergies renouvelables, le renforcement des capacités institutionnelles ainsi que la coopération transfrontalière dans le secteur de l’électricité et de l’énergie.
Cette nouvelle avancée diplomatique et énergétique s’inscrit dans la continuité des récents échanges bilatéraux entre Kigali et Dar es Salaam. Elle intervient quelques semaines seulement après la visite officielle de Paul Kagame en Tanzanie au début du mois de mai, signe d’un rapprochement croissant entre les deux pays sur les questions économiques et énergétiques.
Le partenariat repose sur deux stratégies énergétiques complémentaires. D’un côté, le Rwanda poursuit une politique axée sur la diversification de son mix énergétique afin de sécuriser durablement son approvisionnement en électricité. Le pays dispose actuellement d’une capacité électrique installée estimée à 556 mégawatts et mise principalement sur l’hydroélectricité, l’énergie solaire ainsi que l’exploitation du méthane du lac Kivu.
Cette ressource énergétique, déjà intégrée au réseau national, constitue un atout majeur pour Kigali dans sa quête d’autonomie énergétique. Parallèlement, le Rwanda explore également les opportunités offertes par le nucléaire civil, notamment à travers le développement de petits réacteurs modulaires destinés à renforcer sa sécurité énergétique à long terme.
De son côté, la Tanzanie accélère considérablement le développement de ses capacités énergétiques afin de répondre à la croissance rapide de la demande intérieure. Le pays possède d’importantes réserves de gaz naturel estimées à environ 57 000 milliards de pieds cubes, faisant de cette ressource un pilier essentiel de sa stratégie énergétique.
Les autorités tanzaniennes investissent massivement dans l’extension des infrastructures électriques et gazières avec l’ambition de transformer le pays en un véritable hub énergétique régional à l’horizon 2050. Dans cette perspective, la Tanzanie nourrit également des ambitions dans le nucléaire civil et prévoit d’augmenter sa capacité électrique jusqu’à 70 000 mégawatts d’ici 2050.
Au-delà des enjeux nationaux, cet accord traduit également une volonté commune de renforcer l’intégration énergétique régionale en Afrique de l’Est. Les interconnexions électriques et les coopérations transfrontalières apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour améliorer l’accès à l’électricité, réduire les coûts énergétiques et soutenir l’industrialisation du continent.
Dans un contexte marqué par la transition énergétique mondiale et les défis liés au changement climatique, le Rwanda et la Tanzanie cherchent ainsi à construire un modèle énergétique plus résilient, capable de soutenir la croissance économique tout en favorisant le développement des énergies propres.
À travers ce mémorandum d’entente, Kigali et Dar es Salaam envoient également un signal fort sur la nécessité pour les pays africains de mutualiser leurs ressources, leurs compétences et leurs investissements afin d’accélérer l’accès à une énergie durable et compétitive sur le continent.