RÉSILIENCE CLIMATIQUE EN AFRIQUE : À Kinshasa, ClimSA accélère le renforcement des services climatiques africains avant 2027

Réunis à Kinshasa les 12 et 13 mai 2026, les responsables africains et européens du programme ClimSA ont fait le point sur les avancées des services climatiques en Afrique. À moins d’un an de la clôture du programme, les discussions ont porté sur la durabilité des infrastructures climatiques, le renforcement des systèmes d’alerte précoce et l’autonomie des centres climatiques africains face aux défis du changement climatique.

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Face à l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes sur le continent, les États africains misent de plus en plus sur des systèmes capables de fournir des données météorologiques fiables, rapides et accessibles. C’est dans cette dynamique que le programme ClimSA poursuit ses actions pour améliorer les services climatiques en Afrique et renforcer la résilience des populations.

Les 12 et 13 mai 2026, la ville de Kinshasa a accueilli les réunions des comités régional et continental de pilotage du programme. Pendant deux jours, experts climatiques, représentants institutionnels et partenaires techniques ont évalué l’état d’avancement des activités, les défis encore à relever ainsi que les objectifs prioritaires à atteindre avant la clôture du programme prévue en avril 2027.

Doté d’un financement de 22 millions d’euros, le programme ClimSA bénéficie du soutien de Union européenne et est piloté par Union africaine. L’initiative vise principalement à renforcer les systèmes climatiques africains afin de garantir un accès durable aux informations météorologiques et environnementales nécessaires à la prise de décision.

Au cœur des échanges figurait notamment la question de la pérennisation des infrastructures et des services climatiques après la fin du programme. Pour les responsables africains, il est essentiel que les systèmes actuellement mis en place puissent continuer à fonctionner efficacement au-delà de 2027.

Le Comité régional de pilotage de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), réuni le 12 mai, a ainsi examiné les mécanismes permettant de renforcer l’utilisation des données climatiques par les utilisateurs finaux. Les discussions ont porté sur l’opérationnalisation du Centre d’Application et de Prévision Climatique de l’Afrique Centrale (CAPC-AC) ainsi que du système régional de gestion des données climatiques.

Considéré comme le plus jeune des centres climatiques régionaux africains, le CAPC-AC cherche désormais à renforcer son autonomie institutionnelle avec l’appui des États membres et des partenaires régionaux. L’objectif est de garantir la continuité des services climatiques dans la sous-région après la clôture du programme.

Le lendemain, le Comité continental de pilotage du programme ClimSA s’est penché sur l’impact global de l’initiative à l’échelle africaine. À cette occasion, Simona Montanari a rappelé les 25 années de coopération entre l’Union européenne et l’Union africaine.

Selon elle, ce partenariat va bien au-delà du financement et repose sur une vision commune visant à promouvoir des solutions climatiques adaptées aux réalités africaines. « Les services climatiques doivent être conçus en Afrique et pour l’Afrique », a-t-elle insisté, soulignant que ClimSA transforme les données climatiques en outils d’aide à la décision pour les agriculteurs, les communautés locales et les gestionnaires de catastrophes.

De son côté, Jolly Wasambo a insisté sur l’urgence d’achever les derniers livrables avant avril 2027. Il a également appelé à une implication plus forte des ministères des Finances ainsi que du secteur privé afin d’assurer une autonomie financière durable des systèmes climatiques africains.

Les avancées du programme sont déjà visibles sur le terrain. Après validation du rapport d’avancement 2025, les membres du comité ont salué les progrès techniques et financiers réalisés dans le cadre de l’accord entre l’Union africaine et l’Union européenne ayant permis la mise en œuvre de ClimSA.

À ce jour, des infrastructures climatiques ont été installées dans 41 des 49 États membres concernés par le programme. L’objectif affiché est de finaliser l’ensemble des déploiements d’ici juin 2026.

Pour Ousmane Ndiaye, les solutions africaines doivent désormais reposer sur l’anticipation afin de mieux protéger les communautés exposées aux risques climatiques. Cette vision est partagée par les responsables du programme qui considèrent les systèmes d’alerte précoce comme des outils essentiels pour sauver des vies et limiter les impacts des catastrophes naturelles.

« Les systèmes d’alerte précoce ne sont plus un luxe mais une nécessité pour sauver les communautés africaines », a d’ailleurs affirmé Dr Wasambo.

Au-delà de ClimSA, les infrastructures actuellement déployées serviront également de base à d’autres initiatives stratégiques de l’Union africaine, notamment le programme SEWA consacré au renforcement des systèmes d’alerte précoce sur le continent.

À travers cette initiative, l’Union africaine et l’Union européenne ambitionnent de rendre les informations climatiques plus accessibles et exploitables pour les populations africaines, en particulier dans des secteurs clés comme l’agriculture, la gestion des catastrophes naturelles et la planification du développement durable.


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