Face aux défis croissants du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes, le Conseil du Café-Cacao et la Banque Ouest Africaine de Développement intensifient leur coopération en faveur de projets environnementaux innovants. À travers plusieurs initiatives axées sur la valorisation des déchets agricoles, la séquestration du carbone et l’agriculture durable, les deux institutions ambitionnent de renforcer la résilience écologique des zones productrices de café et de cacao en Côte d’Ivoire.
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La protection de l’environnement devient progressivement une priorité stratégique pour les grandes filières agricoles africaines. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, les autorités et les institutions financières multiplient les initiatives afin de concilier performance économique, préservation des ressources naturelles et lutte contre le changement climatique.
C’est dans cette dynamique que le Conseil du Café-Cacao et la Banque Ouest Africaine de Développement ont engagé de nouvelles discussions destinées à mobiliser des financements pour plusieurs projets climatiques d’envergure. Le lundi 11 mai 2026, le Directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a reçu à Abidjan une délégation de la BOAD afin de renforcer la coopération entre les deux institutions dans le cadre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0).
Au cœur de cette collaboration figure la volonté de réduire l’impact environnemental de la filière café-cacao tout en favorisant une agriculture plus durable et plus résiliente face aux dérèglements climatiques. Trois grands projets environnementaux ont ainsi été soumis à l’examen de la BOAD.
Le premier projet porte sur la valorisation des déchets agricoles issus de la production du café et du cacao. L’objectif est de transformer ces résidus en biochar et en biogaz, deux solutions considérées comme particulièrement bénéfiques pour l’environnement. Le biochar permet notamment d’améliorer la fertilité des sols, de renforcer leur capacité de rétention d’eau et de favoriser le stockage du carbone. Quant au biogaz, il constitue une alternative énergétique propre capable de réduire les émissions polluantes et la dépendance aux combustibles fossiles.
À travers cette initiative, les autorités ivoiriennes souhaitent limiter le gaspillage des déchets agricoles tout en créant une économie circulaire autour de la filière cacao. Cette approche environnementale vise également à réduire la pression sur les ressources forestières souvent exploitées pour les besoins énergétiques des communautés rurales.
Le deuxième projet, baptisé Cacao-Carbone+, met l’accent sur la capacité des plantations de cacao à capter et stocker le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. En effet, les plantations agroforestières jouent un rôle important dans la séquestration du carbone et dans la régulation du climat. Grâce à ce mécanisme, les producteurs pourraient bénéficier d’une valorisation financière des efforts environnementaux réalisés dans leurs exploitations.
Cette démarche traduit une évolution majeure dans la gestion de la filière cacao. Désormais, la production agricole ne se limite plus uniquement au rendement économique, mais intègre également les services environnementaux rendus par les exploitations agricoles à travers la protection des sols, la préservation de la biodiversité et le stockage naturel du carbone.
Le troisième projet, dénommé Green-Resilience CIV, vise à accompagner les communautés productrices vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Le programme prévoit notamment des actions de sensibilisation, de formation et d’inclusion sociale afin d’aider les producteurs à adopter des techniques favorisant la restauration des écosystèmes et la résilience climatique.
Pour le Directeur général du Conseil du Café-Cacao, l’objectif dépasse largement la seule question du financement. Selon lui, il est essentiel d’impliquer directement les producteurs dans la protection de l’environnement afin d’assurer la durabilité de toute la filière sur le long terme. Cette approche participative apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour réussir la transition écologique du secteur agricole ivoirien.
La délégation de la BOAD, conduite par Ibrahim Traoré, a d’ailleurs multiplié les séances de travail avec les équipes techniques du Conseil du Café-Cacao. Des échanges approfondis ont notamment eu lieu avec la direction chargée de la Recherche et de la Lutte contre le Changement Climatique, dirigée par Dr Tahi Mathias.
Cette coopération s’inscrit dans une stratégie environnementale déjà engagée par le Conseil du Café-Cacao. L’institution travaille actuellement à la mise en œuvre de la norme ARS 1000 destinée à promouvoir un cacao durable et respectueux des exigences environnementales internationales.
Parallèlement, les autorités encouragent fortement l’agroforesterie, une pratique qui consiste à associer les cultures de cacao avec des arbres forestiers afin de restaurer les sols, protéger la biodiversité et lutter contre la déforestation. Cette politique s’accompagne également d’un vaste programme de reforestation destiné à restaurer les paysages forestiers dégradés.
Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à repositionner sa filière cacao comme un modèle de production durable. En associant finance climatique, agriculture responsable et protection de l’environnement, le pays ambitionne non seulement de préserver ses ressources naturelles, mais aussi de garantir un avenir plus résilient aux millions de personnes qui vivent de la culture du café et du cacao.