SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE ET MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES AU GHANA : Face aux coupures d’électricité, le Ghana lance un vaste audit national du réseau électrique

Confronté à une aggravation de la crise énergétique après l’incendie survenu au complexe hydroélectrique d’Akosombo, le Ghana accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. Le ministère de l’Énergie et de la Transition verte a annoncé le lancement d’un audit national des postes électriques afin d’évaluer la sécurité du réseau et de remplacer des milliers de transformateurs vieillissants. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les coupures répétées d’électricité, connues localement sous le nom de « dumsor », qui continuent de fragiliser l’économie et le quotidien des populations.

Centrale solaire Légende : Centrale solaire

Le Ghana tente de reprendre le contrôle de son secteur énergétique après plusieurs semaines de fortes perturbations électriques. Face aux difficultés croissantes d’approvisionnement en électricité, les autorités ont décidé de lancer un audit national de sécurité sur l’ensemble des infrastructures électriques du pays.

L’annonce a été faite par le ministère ghanéen de l’Énergie et de la Transition verte à travers son porte-parole, Richmond Rockson, cité le 12 mai par le média Ghanaian Times. Selon les autorités, cette opération vise à renforcer la fiabilité du réseau national tout en anticipant de nouveaux incidents susceptibles d’aggraver la crise énergétique actuelle.

Concrètement, cet audit poursuit un double objectif. D’une part, il doit permettre d’évaluer les normes de sécurité appliquées dans les différents postes électriques du pays. D’autre part, il servira de base à un vaste programme de remplacement des équipements vieillissants, notamment plus de 3000 transformateurs jugés obsolètes.

Selon le ministère, certains de ces transformateurs sont en service depuis plusieurs décennies et ne répondent plus aux exigences actuelles du réseau électrique ghanéen. La situation est d’autant plus préoccupante qu’en 2024, près de 1000 transformateurs de distribution ont été perdus à cause de surcharges chroniques liées à la forte pression exercée sur le système énergétique national.

L’incendie d’Akosombo a aggravé la crise énergétique

Cette décision intervient quelques semaines après un important incendie ayant touché un poste électrique exploité par Ghana Grid Company au sein du complexe hydroélectrique d’Barrage hydroélectrique d’Akosombo, l’une des infrastructures énergétiques les plus stratégiques du pays.

L’incident, survenu fin avril, a fortement perturbé l’approvisionnement en électricité à travers le territoire national. Face à cette situation, le gouvernement a été contraint de mettre en place des coupures tournantes de six heures dans plusieurs régions, notamment dans le Grand Accra et dans la région Ashanti.

Ces interruptions répétées ont ravivé les inquiétudes autour du « dumsor », terme populaire utilisé au Ghana pour désigner les coupures intempestives d’électricité qui affectent régulièrement le pays depuis plusieurs années.

Dans un communiqué publié le 27 avril 2026, Africa Centre for Energy Policy a alerté sur la détérioration de la situation énergétique nationale. L’organisation souligne que les ménages, les entreprises et les administrations subissent depuis plus d’un mois des perturbations croissantes, aggravées par le sinistre d’Akosombo.

Selon l’ACEP, l’incendie a entraîné le retrait d’environ 1000 mégawatts du réseau national alors que la demande de pointe atteint près de 4400 mégawatts. Cette perte importante de capacité explique en grande partie les difficultés actuelles du système électrique ghanéen.

Des infrastructures vieillissantes au cœur du problème

Le ministre ghanéen de l’Énergie, John Jinapor, a qualifié cette crise comme l’une des perturbations électriques les plus graves de l’histoire récente du pays. Selon lui, les difficultés actuelles sont directement liées au vieillissement des infrastructures et au manque d’investissements accumulé au fil des années.

Les équipements obsolètes, les transformateurs surchargés ainsi que l’insuffisance des capacités de maintenance fragilisent progressivement le réseau national. Cette analyse rejoint celle de l’Africa Centre for Energy Policy qui critique une gestion de crise davantage réactive que préventive.

Dans ce contexte, les autorités cherchent désormais à identifier les failles structurelles du système afin d’éviter qu’un nouvel incident majeur ne plonge davantage le pays dans l’instabilité énergétique.

Par ailleurs, le directeur général de Ghana Grid Company a été invité à se retirer temporairement dans le cadre d’une enquête ouverte sur les circonstances exactes de l’incendie d’Akosombo.

Le gouvernement mise sur le gaz pour stabiliser l’offre électrique

Malgré les difficultés, le gouvernement ghanéen affirme avoir engagé plusieurs mesures pour améliorer progressivement la situation. Selon Richmond Rockson, le déficit énergétique est passé de 270 mégawatts en février à 203 mégawatts en mars avant de remonter légèrement à 211 mégawatts en avril 2026.

Les autorités mettent également en avant la transition progressive du carburant liquide vers le gaz naturel dans la production électrique. Cette évolution aurait permis de réduire les coûts de production énergétique de 40 à 50 %, tout en améliorant l’efficacité du système.

En parallèle, le gouvernement indique avoir sécurisé six centrales électriques représentant une capacité cumulée de plus de 1000 mégawatts depuis son arrivée au pouvoir.

Dans cette logique de renforcement durable du réseau, le président John Dramani Mahama a récemment annoncé la construction prochaine d’une centrale électrique au gaz d’une capacité de 1200 mégawatts. Ce projet vise à augmenter significativement l’offre d’électricité afin de réduire les risques de pénurie et de soutenir la croissance économique du pays.

À travers ces différentes initiatives, le Ghana espère tourner progressivement la page du « dumsor » et bâtir un système énergétique plus stable, plus moderne et capable d’accompagner les ambitions industrielles du pays.


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