CAMPAGNE AGRICOLE 2026-2027 AU BÉNIN : Plus de 31 milliards FCFA de soutien aux producteurs pour préserver la sécurité alimentaire

À quelques mois de la fin de son mandat, le président Patrice Talon vient de poser un nouvel acte fort en faveur du monde agricole béninois. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 13 mai 2026, le gouvernement a annoncé une vaste mesure de soutien aux producteurs agricoles dans le cadre de la campagne 2026-2027. Face aux tensions persistantes sur les marchés internationaux des intrants agricoles et aux risques croissants pesant sur la sécurité alimentaire, l’État béninois a décidé d’accorder un appui financier estimé à 31 875 707 365 francs CFA afin de maintenir des prix accessibles pour les engrais et soutenir la production nationale.

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Cette importante subvention vise principalement à reconduire les niveaux de prix appliqués au cours de la campagne agricole précédente afin d’éviter une flambée des coûts de production susceptible de fragiliser les exploitations agricoles et de compromettre l’autosuffisance alimentaire du pays. Dans son compte rendu, le Conseil des ministres souligne que l’application des prix réels du marché aurait eu des conséquences particulièrement préjudiciables sur les performances agricoles nationales.

Ainsi, le prix du NPK coton est désormais fixé à 17 000 FCFA le sac de 50 kilogrammes, soit 340 FCFA le kilogramme, contre 23 500 FCFA auparavant. Le NPK vivriers connaît également une baisse importante avec un tarif maintenu à 17 000 FCFA contre 24 250 FCFA précédemment. Quant à l’urée, elle est fixée à 15 000 FCFA le sac de 50 kilogrammes contre 19 250 FCFA sur le marché réel. Les prix du KCl et du SSP ont également été ajustés à 14 000 FCFA le sac. À travers cette décision, le gouvernement entend protéger le pouvoir de production des agriculteurs béninois dans un contexte marqué par les effets des changements climatiques, la volatilité des marchés internationaux et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement agricoles. Cette mesure apparaît comme un levier stratégique pour soutenir les rendements agricoles, renforcer les revenus ruraux et garantir une disponibilité suffisante des denrées alimentaires sur les marchés nationaux.

Parallèlement à la fixation des prix des engrais, le Conseil des ministres a également homologué les prix des insecticides et herbicides destinés aux producteurs de coton. L’insecticide contre les jassides, Jacobia Super 350 EC, est fixé à 6 615 FCFA le flacon pour le traitement d’un demi-hectare. Les insecticides alternatifs aux pyréthrinoïdes ainsi que les binaires acaricides et aphicides sont homologués à 3 400 FCFA le flacon. Les herbicides totaux sont fixés à 3 400 FCFA le litre tandis que certains herbicides sélectifs atteignent 7 500 FCFA le litre.

Le gouvernement a également rendu publics les nouveaux prix d’achat du coton-graine pour la campagne agricole 2026-2027. Le coton conventionnel premier choix est fixé à 300 FCFA le kilogramme contre 250 FCFA pour le deuxième choix. Le coton biologique, de plus en plus encouragé dans une logique d’agriculture durable et de réduction des intrants chimiques, bénéficie d’une meilleure valorisation avec 360 FCFA le kilogramme pour le premier choix et 310 FCFA pour le deuxième choix. Cette différenciation tarifaire traduit la volonté des autorités béninoises de promouvoir des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement tout en renforçant la compétitivité du secteur cotonnier. Le coton demeure en effet l’une des principales cultures d’exportation du pays et constitue une source essentielle de revenus pour des milliers de producteurs dans les départements du Nord et du Centre.

Par ailleurs, les « fonctions critiques » de la filière ont été fixées à 13 FCFA par kilogramme de coton-graine afin d’assurer le bon fonctionnement des différents mécanismes d’encadrement et d’organisation du secteur. Avec cet appui massif de plus de 31 milliards FCFA, le gouvernement béninois affiche clairement sa volonté de préserver la dynamique agricole nationale malgré les multiples défis économiques et climatiques. Cette décision stratégique pourrait contribuer à renforcer la résilience des producteurs, soutenir la sécurité alimentaire et consolider les performances agricoles du Bénin dans un contexte régional particulièrement incertain.


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