L’Ouganda ambitionne d’électrifier l’ensemble de ses transports publics d’ici 2030. L’annonce a été faite lors d’un forum sur la mobilité électrique à Jinja, illustrant la volonté des autorités de réduire leur dépendance aux hydrocarbures et de promouvoir une économie plus verte.
Légende : Bus électrique
L’Ouganda engage une transformation majeure de son système de transport. Face à une forte dépendance aux produits pétroliers importés — estimée à plus de 2,5 milliards de litres par an pour une valeur d’environ 2 milliards de dollars selon l’Uganda National Oil Company — le pays entend électrifier ses transports publics d’ici la fin de la décennie. Le secteur des transports, principal consommateur de carburant, est au cœur de cette réforme.
Cette politique concerne aussi bien les bus que les « boda-boda », ces motos-taxis omniprésentes dans les villes ougandaises. Pour Winstone Katushabe, commissaire en charge de la régulation et de la sécurité des transports, la mobilité électrique constitue un levier essentiel pour le développement durable. Elle s’inscrit dans le quatrième Plan national de développement ainsi que dans la Stratégie nationale e-mobilité.
Cependant, les défis restent importants. À ce jour, le pays ne compte qu’environ 5 000 motos électriques, soit moins de 1 % du parc total. Du côté des transports collectifs, seuls quelques bus électriques circulent, notamment sur le corridor Jinja-Iganga, dans le cadre d’un projet pilote.
Pour soutenir cette transition, les autorités misent sur le développement d’une industrie locale. L’entreprise publique Kira Motors Corporation, basée à Jinja, joue un rôle central dans cette stratégie. Elle dispose d’une capacité d’assemblage de près de 10 000 véhicules par an, dont 2 500 bus. Actuellement, le contenu local des véhicules varie entre 20 et 30 %, avec un objectif de 65 % à l’horizon 2030.
En parallèle, le gouvernement prévoit un vaste déploiement d’infrastructures, avec l’installation de 3 500 stations de recharge publiques d’ici 2030, soit un point tous les 50 kilomètres sur l’ensemble du territoire. Le coût global de cette transition est estimé à 1,7 milliard de dollars, dont environ 800 millions déjà mobilisés auprès de partenaires.
Les retombées attendues sont significatives : une contribution de 12,5 % au produit intérieur brut, la création de plus de 500 000 emplois verts et une réduction de plus de 25 % des émissions du secteur des transports d’ici 2040.
Cette ambition intervient dans un contexte environnemental préoccupant. La capitale Kampala figure parmi les villes les plus polluées au monde, selon un rapport publié par IQAir. Ainsi, au-delà de l’enjeu énergétique, l’électrification des transports apparaît comme une réponse stratégique aux défis sanitaires et climatiques du pays.
En misant sur la mobilité électrique, l’Ouganda espère non seulement réduire sa facture énergétique, mais aussi s’inscrire durablement dans une dynamique de croissance verte, malgré le développement parallèle de son secteur pétrolier.