Le Ghana a annoncé la construction d’une centrale électrique au gaz de 1200 mégawatts, une initiative portée par le président John Dramani Mahama. Le projet, dévoilé le 2 mai 2026, vise à répondre à la hausse de la demande énergétique et à stabiliser un secteur fragilisé.
Légende : Mise sur pied une centrale à gaz
Le Ghana entend franchir un nouveau cap dans le renforcement de son système énergétique. En annonçant la construction prochaine d’une centrale à gaz d’une capacité de 1200 MW, les autorités affichent leur volonté d’anticiper une demande en forte croissance. Selon le président John Dramani Mahama, la consommation d’électricité est passée d’environ 3500 MW à près de 4300 MW en quelques années, sous l’effet d’une intensification des activités économiques et des investissements.
La future infrastructure, dont la première pierre est attendue avant la fin de l’année 2026, sera alimentée par des ressources gazières locales. Elle devrait bénéficier d’un apport supplémentaire de 150 millions de pieds cubes standard de gaz par jour, provenant notamment des champs offshore Jubilee et OCTP, ainsi que du développement du Ghana Gas Processing Plant 2 (GPP-2). Ce choix stratégique pourrait permettre de réduire jusqu’à 75 % les coûts de production électrique, selon une analyse de Deloitte publiée fin novembre 2025.
Ce projet marque également un tournant dans la politique énergétique du pays, avec un retour de l’État dans la production directe d’électricité, un secteur dominé depuis plusieurs années par des producteurs indépendants. Pour le gouvernement, il s’agit de garantir une alimentation plus stable et sécurisée du réseau national, tout en renforçant les capacités de production.
Toutefois, cette ambition intervient dans un contexte financier préoccupant. Le secteur énergétique ghanéen accuse un déficit estimé à 2,2 milliards de dollars en 2024, malgré d’importants soutiens publics. Selon des projections du Fonds monétaire international, la dette cumulée pourrait dépasser 9 milliards de dollars d’ici fin 2026 si aucune réforme structurelle n’est engagée. Cette situation est aggravée par les pertes commerciales de la compagnie publique Electricity Company of Ghana, qui ne recouvre qu’une partie de l’énergie distribuée.
Par ailleurs, la nécessité de diversifier les sources d’énergie s’est récemment imposée avec acuité. Le 23 avril 2026, un incendie survenu au niveau du barrage d’Akosombo a provoqué une perte d’environ 1000 MW sur le réseau national, révélant la forte dépendance du pays à l’hydroélectricité. Bien que la situation ait été rétablie quelques jours plus tard, cet incident a mis en évidence la vulnérabilité du système énergétique.
Au-delà de la satisfaction des besoins domestiques, le Ghana ambitionne également de renforcer sa position sur le marché régional de l’électricité. Grâce au réseau du West African Power Pool, le pays exporte déjà une partie de sa production vers des États voisins comme le Burkina Faso. La nouvelle centrale pourrait ainsi contribuer à accroître ces échanges et générer des revenus supplémentaires en devises.
En somme, ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir la croissance économique et réduire la dépendance à des infrastructures uniques, tout en faisant face aux défis financiers persistants du secteur.