SOUTENANCE DE THESE A L’UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI : Un chercheur béninois développe un outil innovant pour anticiper l’érosion côtière et les inondations à Grand-Popo

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a accueilli, le 23 avril 2026, une soutenance de thèse à forte portée environnementale et sociale, consacrée aux défis climatiques qui menacent les zones côtières béninoises. Dans l’option Géosciences et Changement Climatique, spécialité Géomatique appliquée à la dynamique côtière, Max Assogba a brillamment défendu ses travaux intitulés : « Suivi du trait de côte et gestion des risques d’inondations dans la commune de Grand-Popo », obtenant la mention Très Honorable avec les Félicitations du Jury.

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À Grand-Popo, les effets du changement climatique se manifestent de façon visible et parfois dramatique. Des habitations emportées par les vagues, des terres agricoles détruites, des déplacements de populations et des pertes économiques rythment désormais le quotidien de nombreuses familles. Face à cette réalité, le jeune docteur, Max Assogba a choisi de mettre la science et les technologies géospatiales au service de la prévention et de la protection des populations.

Au-delà de la distinction académique, cette recherche met en lumière une problématique devenue préoccupante pour plusieurs localités côtières du Bénin : l’avancée de la mer, l’érosion du littoral et les inondations récurrentes qui fragilisent les communautés riveraines. Son travail de recherche a permis le développement d’une application innovante capable d’automatiser le suivi du trait de côte et de prédire les risques d’inondations. L’outil conçu ambitionne d’accompagner les décideurs publics, les collectivités locales et les acteurs de la gestion environnementale dans la planification territoriale et la réduction des risques de catastrophes.

Selon l’impétrant, l’objectif n’est plus seulement de constater les dégâts causés par l’érosion côtière, mais surtout d’anticiper les phénomènes afin d’agir plus efficacement. Cette approche préventive apparaît aujourd’hui comme un enjeu stratégique dans un contexte où les changements climatiques accentuent la vulnérabilité des zones côtières ouest-africaines. Durant sa soutenance, le chercheur a démontré l’importance de la géomatique et des outils numériques dans la surveillance environnementale. Grâce à l’exploitation des données spatiales et des technologies d’analyse, il devient possible de suivre l’évolution du littoral, d’identifier les zones à risques et d’aider à la prise de décisions adaptées aux réalités du terrain. L’émotion était également palpable lors de cette soutenance, tant le parcours du nouveau docteur témoigne de persévérance et d’engagement. Entre doutes, fatigue et remises en question, il affirme avoir puisé sa force dans la foi, le soutien de sa famille, l’accompagnement de ses encadreurs et la solidarité de ses collègues.

Pour plusieurs observateurs présents à l’UAC, cette recherche représente une contribution scientifique majeure pour le Bénin, à un moment où les enjeux environnementaux imposent des réponses innovantes et durables. Elle ouvre également des perspectives pour une meilleure gestion des territoires côtiers exposés aux aléas climatiques. À travers cette distinction, c’est aussi l’engagement d’une nouvelle génération de chercheurs béninois qui se   confirme : une jeunesse scientifique décidée à produire des solutions concrètes face aux défis du développement durable. Pour le désormais Docteur, cette soutenance ne marque pas une fin, mais le début d’une mission au service des communautés vulnérables et de la résilience climatique au Bénin.

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