GOUVERNANCE DE LA BIODIVERSITÉ ET VALORISATION SCIENTIFIQUE : Les chercheurs mobilisés autour du Protocole de Nagoya pour mieux exploiter les ressources génétiques au Togo

Réunis à Université de Lomé, chercheurs et acteurs scientifiques ont été sensibilisés au Protocole de Nagoya. Objectif : doter le Togo d’un cadre efficace pour protéger et valoriser durablement ses რესsources génétiques.

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Le Togo entend renforcer la gestion et la valorisation de ses რესsources génétiques, encore largement sous-exploitées. Dans cette perspective, une rencontre d’information et de sensibilisation s’est tenue à Université de Lomé, à l’attention des chercheurs en biosciences, des centres de recherche et des laboratoires de bio-innovation.

Organisée par le ministère en charge de l’Environnement avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), dans le cadre d’un projet financé par le FEM-8, cette initiative s’inscrit dans l’élaboration du premier rapport national sur la mise en œuvre du Protocole de Nagoya.

Adopté dans le prolongement de la Convention sur la diversité biologique, ce mécanisme international vise à garantir un accès encadré aux რესsources génétiques et un partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation. Bien que signataire depuis 2011 et ayant ratifié le texte en 2016, le Togo peine encore à mettre en place un dispositif juridique pleinement opérationnel. Ce vide limite à la fois la protection des რესsources et les opportunités de collaboration scientifique internationale.

Au cours des échanges, les participants ont exploré les implications concrètes du protocole pour la recherche, notamment dans un contexte marqué par les avancées rapides des biotechnologies, de la bio-informatique et des sciences « omiques ». L’accent a été mis sur la nécessité de renforcer l’expertise juridique nationale, en particulier en matière de propriété intellectuelle et de contractualisation.

Les discussions ont également porté sur des enjeux émergents, tels que l’utilisation des données de séquençage numérique et les mécanismes internationaux de partage des bénéfices, à l’image du fonds Cali. Ces questions sont cruciales pour garantir que les retombées économiques issues de la biodiversité profitent équitablement aux pays d’origine.

Les რესsources génétiques, qui constituent le troisième niveau de la biodiversité après les écosystèmes et les espèces, regroupent l’ensemble du matériel biologique contenant des informations héréditaires, comme l’ADN et l’ARN. Leur exploitation permet aujourd’hui de développer des produits à forte valeur ajoutée dans des secteurs clés tels que la pharmacie, la cosmétique, l’agroalimentaire ou encore les biotechnologies.

À l’issue de la rencontre, un consensus s’est dégagé sur l’urgence d’élaborer une loi nationale sur l’accès et le partage des avantages (APA). Une telle réforme permettrait non seulement de combler le vide juridique existant, mais aussi de transformer la richesse biologique du pays en un véritable moteur de développement durable.

Pour les autorités togolaises, la mise en œuvre effective du Protocole de Nagoya représente ainsi une opportunité stratégique : protéger la biodiversité, préserver les savoirs traditionnels et générer des retombées économiques durables au bénéfice des populations.


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