ÉDUCATION ENVIRONNEMENTALE ET PRÉSERVATION DES ÉCOSYSTÈMES : Au nord du Bénin, des écoliers deviennent les gardiens de la Pendjari

À Tanguiéta, au nord-ouest du Bénin, des clubs scolaires d’éducation environnementale transforment les élèves en acteurs de la protection de la nature. Porté notamment par African Parks, ce programme ancré autour du Parc national de la Pendjari sensibilise les jeunes et leurs communautés aux enjeux de la biodiversité et du changement climatique.

Parc National de la Pendjari Légende : Parc National de la Pendjari

Mercredi 25 mars 2026, à Tanguiéta, une équipe d’animateurs sillonne les pistes poussiéreuses menant à l’École primaire publique de Sangou, située à quelques kilomètres de l’entrée du Parc national de la Pendjari. Dans cette zone où la nature dicte encore les modes de vie, l’éducation environnementale s’impose progressivement comme un levier essentiel de préservation.

Dans une salle dédiée, construite par African Parks, des élèves de CM1 participent activement à une séance immersive. À travers vidéos, échanges et exercices pratiques, ils découvrent le rôle du parc, espace protégé abritant faune, flore et ressources en eau. Loin d’être théorique, l’apprentissage vise à inculquer des gestes concrets : lutte contre la pollution, reboisement et protection des espèces.

Mis en place depuis 2022 dans cette école, le programme repose sur une pédagogie participative. Encadrés par des animateurs et des enseignants, les enfants apprennent à produire des plants, à créer des pépinières et à sensibiliser leur entourage. « Nous devons planter des arbres pour réduire la chaleur », confie un élève, illustrant l’appropriation des enjeux climatiques dès le plus jeune âge.

L’impact dépasse largement les murs de l’école. Dans les villages voisins comme Satientinga, les messages portés par les enfants influencent les comportements des adultes. Réduction du braconnage, abandon progressif de la coupe abusive du bois et adoption du reboisement témoignent d’un changement de mentalité. Dans une région confrontée à la pression foncière, à la production agricole intensive et à la dégradation des sols, ces initiatives locales prennent une importance stratégique.

Les clubs environnementaux deviennent ainsi de véritables incubateurs d’éco-citoyens. Au collège et au lycée, les élèves poursuivent cet engagement à travers des actions de salubrité, de sensibilisation et de lutte contre la désertification. En ancrant l’éducation dans le vécu quotidien — entre proximité avec la réserve et défis environnementaux — le programme renforce son efficacité et sa pertinence.

Toutefois, des défis subsistent. La couverture reste limitée à une partie des établissements riverains du parc, et les contraintes logistiques, sécuritaires et financières freinent son expansion. Le manque de ressources, notamment en eau pour les pépinières, constitue un obstacle majeur à l’extension des activités de reboisement.

Malgré ces limites, les résultats sont encourageants : des milliers de plants mis en terre, un taux de survie significatif et une mobilisation croissante des communautés. Soutenu par des partenaires comme l’État béninois, l’Union européenne et la Fondation des Savanes Ouest-Africaines, ce modèle éducatif apparaît comme une solution durable et reproductible dans d’autres écosystèmes du pays.

À travers ces clubs, c’est une nouvelle génération qui se forme, consciente des enjeux environnementaux et prête à agir. Dans les paysages arides du nord béninois, ces jeunes ambassadeurs redonnent espoir à la préservation des ressources naturelles et à l’avenir de la biodiversité.


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