TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ET STABILITÉ DU RÉSEAU : Senelec mise sur le solaire couplé au stockage pour sécuriser son réseau

Au Sénégal, la Senelec accélère le déploiement de solutions hybrides associant solaire et stockage d’énergie. À Diass et Linguère, deux nouveaux projets illustrent la volonté du pays de renforcer la stabilité de son réseau tout en soutenant ses ambitions d’accès universel à l’électricité d’ici 2029.

Projet  solaire Légende : Projet solaire

Face à la montée en puissance des énergies renouvelables, le Sénégal s’attaque à un défi majeur : assurer la stabilité de son réseau électrique. Dans cette optique, la Senelec a annoncé début avril le lancement de deux projets structurants combinant production solaire et stockage par batteries, marquant une nouvelle étape dans la modernisation du système énergétique national.

Le premier projet concerne la mise en place d’un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) à Diass, couplé à une centrale solaire existante située au sud-est de Dakar. D’un coût estimé à 36 millions d’euros, cette infrastructure est financée par l’Allemagne via la KfW, avec l’appui de l’Agence française de développement. Le dispositif comprendra 30 conteneurs de batteries et 360 convertisseurs, pour une capacité annuelle de stockage dépassant 20 000 MWh.

Le second projet, annoncé le 9 avril, porte sur la construction d’une centrale hybride à Linguère. Cette installation combinera une centrale solaire de 50 MWc à un système de stockage de 30 MW, pour une capacité totale de 90 MWh. Développée en partenariat avec Huawei et Genertec CNTIC, elle devrait permettre d’alimenter près de 90 000 ménages, bien que les modalités de financement et le calendrier de mise en service n’aient pas encore été précisés.

Pour la Senelec, ces initiatives répondent à un enjeu stratégique : compenser l’intermittence de la production solaire et garantir un approvisionnement électrique fiable. L’intégration du stockage apparaît ainsi comme un levier clé pour renforcer l’indépendance énergétique du pays et sécuriser l’intégration des renouvelables dans le mix national.

Ces projets s’inscrivent dans une dynamique plus large portée par le Pacte national pour l’énergie, élaboré dans le cadre de l’initiative Mission 300. L’objectif est de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique et d’atteindre un accès universel à l’électricité d’ici 2029, contre environ 84 % aujourd’hui.

Dans un contexte de croissance de la demande et d’expansion des capacités de production à l’horizon 2030, le Sénégal confirme ainsi son engagement en faveur d’un système énergétique plus durable, résilient et inclusif.


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