SOMMET ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN À LONDRES : Le Ghana claque la porte et relance le débat sur l’inclusion

À quelques semaines de l’Africa Energies Summit prévu à Londres, le Ghana annonce son retrait, dénonçant un manque de représentation des acteurs africains dans l’organisation de l’événement. Cette décision, soutenue par plusieurs pays et institutions du continent, met en lumière les enjeux d’inclusion et de souveraineté dans les discussions énergétiques africaines.

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L’Africa Energies Summit, rendez-vous annuel dédié aux marchés pétroliers et gaziers africains, devait réunir à Londres États, compagnies et investisseurs autour des opportunités énergétiques du continent. Mais à l’approche de cette édition, un coup de tonnerre vient bousculer l’agenda : le Ghana a décidé de ne pas y participer. Une décision révélée le 6 avril par Radio France Internationale (RFI), sur la base d’une prise de position officielle de l’Energy Chamber of Ghana.

Au cœur de cette décision, une contestation ferme des conditions d’organisation du sommet. L’Energy Chamber of Ghana dénonce notamment la composition des panels et la faible place accordée aux professionnels africains. Pour son président exécutif, Joshua B. Narh, il est impératif que les plateformes portant le label africain reflètent véritablement les compétences et les réalités du continent. « Les plateformes qui portent le nom de l’Afrique doivent refléter les peuples africains », a-t-il affirmé, appelant à une représentation plus équitable.

Le responsable ghanéen met également en avant les investissements réalisés par son pays dans le développement du capital humain. Ingénieurs, économistes, régulateurs et innovateurs formés localement constituent, selon lui, un vivier de compétences capable d’influencer durablement la trajectoire énergétique africaine. Leur marginalisation dans ce type de forum est donc perçue comme un frein à une gouvernance inclusive du secteur.

Au-delà du cas ghanéen, cette décision s’inscrit dans une dynamique de contestation plus large. Plusieurs acteurs africains, tant publics que privés, expriment leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme un déséquilibre dans la représentation. Le Mozambique aurait également annoncé son retrait, tandis que des ministres africains des hydrocarbures et des organisations régionales soutiennent cette démarche.

Cette mobilisation trouve un écho dans les positions défendues par des institutions comme l’African Energy Chamber (AEC) ou encore l’African Petroleum Producers Organization (APPO), qui plaident pour une plus grande valorisation du contenu local dans le développement des ressources énergétiques. Pour ces acteurs, il est essentiel que les décisions stratégiques concernant l’énergie africaine soient portées par des voix africaines.

Les critiques visent aussi l’organisateur du sommet, Frontier Energy Network. Cette structure britannique est accusée par certains observateurs de bénéficier des opportunités offertes par le marché africain tout en limitant la participation effective des experts du continent dans les échanges décisionnels.

Au-delà d’un simple retrait, la décision du Ghana soulève des questions de fond sur la gouvernance des espaces de dialogue internationaux dédiés à l’Afrique.

Ce bras de fer autour de l’Africa Energies Summit pourrait ainsi marquer un tournant. Il traduit une volonté croissante des pays africains de reprendre la main sur leur agenda énergétique, en affirmant leur expertise et en exigeant une place à la hauteur de leurs ambitions dans les discussions globales.


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