Facilité d'accès au financement des entreprises solaire hors réseau au Bénin : Le ROGEAP renforce l'engagement des banques et institutions financières

Le lancement officiel de l’atelier de renforcement des capacités des institutions financières sur trois jours durant, organisé dans le cadre du Projet régional d’accès à l’électricité hors réseau (ROGEAP), a eu lieu ce lundi 30 mars 2026 à l’hôtel Azalaï de Cotonou. Cette initiative, portée par la Commission de la CEDEAO avec l’appui de la Banque mondiale et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), vise à accélérer l’accès à l’électricité dans la sous-région. Elle entend également amener les professionnels du secteur bancaire béninois à mieux comprendre les enjeux, les opportunités et les mécanismes de financement liés au sous-secteur du solaire photovoltaïque, notamment hors réseau

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Lever les contraintes d’accès à l’électricité dans les zones non desservies à travers la promotion des systèmes solaires hors réseau constitue le principal objectif du ROGEAP. Au Bénin, comme dans plusieurs pays de l’UEMOA, le projet se positionne comme un levier tactique pour accélérer la transition énergétique en favorisant l’inclusion énergétique des populations. Dans cette dynamique, des professionnels du secteur bancaire ont été réunis afin de s’imprégner des opportunités offertes par ce secteur ainsi que des mécanismes de financement adaptés au solaire photovoltaïque hors réseau.

Selon El Hadji Sylla, coordinateur du projet, cet atelier répond à une problématique majeure : la difficulté d’accès au financement pour les entreprises évoluant dans le domaine des énergies renouvelables. « Le diagnostic réalisé montre que ces entreprises font face à des contraintes de financement, alors même que le projet ROGEAP vise à faciliter cet accès. Il était donc essentiel de rapprocher les banques de ce sous-secteur », a-t-il expliqué. L’objectif est donc clair : sensibiliser, former et outiller les institutions financières afin qu’elles soient capables d’évaluer la qualité et la bancabilité des projets solaires.

En effet, contrairement aux crédits classiques (immobilier, consommation ou grands projets d’infrastructures), les projets solaires de petite et moyenne taille restent encore peu maîtrisés par les banques, en raison de leur technicité et de la perception du risque. Pour lever ces obstacles, le projet met en place des mécanismes innovants, notamment une ligne de crédit dédiée, gérée par la BOAD, ainsi que des dispositifs de garantie visant à atténuer les risques. « Les banques n’auront plus à mobiliser uniquement leurs propres ressources. Elles bénéficieront d’un appui financier structuré pour accompagner les entreprises du secteur », a précisé le coordinateur. À terme, cette démarche vise à rendre les institutions financières plus familières avec le financement des énergies renouvelables, tout en facilitant l’émergence de projets bancables. L’ambition est de permettre à un plus grand nombre d’entreprises d’accéder aux financements nécessaires pour développer des solutions énergétiques durables.

De son côté, Stéphane Dodji Agbezo, spécialiste du solaire hors réseau et représentant du gestionnaire de fonds du projet, a rappelé que le ROGEAP s’étend sur cinq ans et couvre 19 pays de la région. Il repose sur deux grandes composantes : l’appui direct aux entreprises privées du secteur, à travers des formations, des subventions et des programmes de mentoring, et la mise en place d’une ligne de crédit destinée aux institutions financières. Ainsi l’atelier de Cotonou s’inscrit précisément dans cette seconde composante, axée sur le renforcement des capacités des banques. Il s’agit notamment de familiariser les institutions financières avec les normes de qualité des équipements solaires, les modèles économiques existants, ainsi que les critères d’éligibilité des projets.

Au-delà de la formation, l’enjeu est stratégique : favoriser le financement de solutions solaires hors réseau, particulièrement adaptées aux zones rurales et aux usages productifs. Cette rencontre, prévue pour durer trois jours, constitue ainsi un cadre d’échanges et de partage d’expériences, en vue de bâtir un écosystème financier plus favorable au développement de l’électrification hors réseau dans la sous-région à l’horizon 2030.

 


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