La crise mondiale de l’eau est une réalité qui touche l’ensemble de la planète, mais ses conséquences ne sont pas réparties de manière équitable. Dans de nombreuses régions, notamment dans les zones rurales ou défavorisées, l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats demeure limité. Cette situation accentue les inégalités sociales et expose particulièrement les femmes et les filles à des difficultés quotidiennes.
Légende : UNESCO
Dans de nombreuses communautés, les femmes assument la responsabilité de la collecte de l’eau. Chaque jour, elles parcourent parfois de longues distances pour rapporter une ressource essentielle à la survie de leur famille. Le temps consacré à cette tâche réduit considérablement leurs possibilités d’éducation, d’accès à l’emploi et de participation à la vie sociale. Selon le rapport conjoint de l’UNICEF et de l’OMS publié en 2023 sur les progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, les femmes et les filles assurent la collecte de l’eau dans près de 7 ménages sur 10 ne disposant pas d’un accès direct à domicile. Cette situation représente un coût considérable en temps et en opportunités. D’après ONU-Eau, elles y consacrent chaque jour environ 250 millions d’heures à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, l’utilisation d’une eau insalubre favorise l’apparition de maladies. Là encore, ce sont majoritairement les femmes qui prennent en charge les proches malades, alourdissant davantage leur charge quotidienne. En Afrique subsaharienne, l’UNICEF souligne qu’un aller-retour pour collecter de l’eau peut dépasser 30 minutes en moyenne, un temps qui empiète directement sur l’éducation, l’accès à l’emploi et la participation à la vie sociale.
Cette contrainte est encore plus marquée dans certains pays comme le Bénin. Dans plusieurs localités du Nord et du Centre, l’accès à l’eau potable reste difficile, faisant de cette ressource un bien rare. Les données des Nations Unies indiquent que les femmes y assument majoritairement cette tâche et y consacrent nettement plus de temps que les hommes.
Au-delà de la pénibilité physique, cette situation entraîne d’importantes conséquences sanitaires et sociales. Les trajets quotidiens exposent les femmes à des risques d’accidents ou de violences, tandis que l’absence d’infrastructures sanitaires adaptées porte atteinte à leur dignité.
Célébrée chaque 22 mars, la Journée mondiale de l’eau rappelle que l’accès à l’eau est un droit fondamental. Comme le souligne le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, une gestion durable et équitable passe nécessairement par l’implication des femmes dans les processus de décision. Reconnaître leur rôle, valoriser leur expérience et intégrer pleinement leur voix constituent des leviers essentiels pour bâtir des solutions durables et inclusives. L’enjeu dépasse la seule question de l’eau : il s’agit d’un impératif de justice sociale et de développement durable.