ÉNERGIE ET INVESTISSEMENTS : Le Gabon se tourne vers les capitaux américains pour moderniser son secteur énergétique

Une délégation gouvernementale gabonaise s’est rendue à Washington le 10 mars 2026 afin de présenter plusieurs projets d’infrastructures énergétiques et hydrauliques à des partenaires américains. L’objectif est d’attirer de nouveaux financements pour moderniser un secteur confronté à des besoins d’investissements importants.

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Le Gabon multiplie les initiatives pour mobiliser des financements en faveur de la modernisation de son secteur énergétique. Dans cette dynamique, une délégation gouvernementale s’est rendue le 10 mars dernier à Washington afin de présenter plusieurs opportunités d’investissement aux autorités américaines et à des partenaires financiers potentiels.

La mission officielle réunissait notamment Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Clotaire Kondja, ministre du Pétrole et du Gaz, ainsi que Thierry Minko, ministre de l’Économie et des Finances. Au cours de leur séjour, les responsables gabonais ont notamment rencontré Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe chargée des affaires africaines au Département d’État américain.

Lors des échanges, la délégation a mis en avant plusieurs projets liés aux secteurs de l’énergie et de l’eau, considérés comme prioritaires pour le développement du pays. Les autorités gabonaises souhaitent en particulier renforcer la participation des entreprises américaines dans la réalisation d’infrastructures énergétiques, dans un contexte où la modernisation du réseau électrique apparaît comme une nécessité.

Pour soutenir cette ambition, le gouvernement met en avant un programme de développement de l’énergie et de l’eau élaboré sur une période de 30 ans avec l’appui de la Banque mondiale. Ce plan prévoit des investissements estimés à environ 162 millions de dollars à court terme, avec une enveloppe pouvant atteindre 540 millions de dollars sur les sept prochaines années.

Par ailleurs, plusieurs acteurs américains sont déjà présents dans le secteur énergétique gabonais. C’est notamment le cas de la major pétrolière ExxonMobil et de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), qui participent à certains projets d’infrastructures dans le pays.

Cependant, les besoins financiers restent considérables. Selon une analyse relayée par des sources spécialisées, le Gabon doit mobiliser d’importantes ressources pour moderniser et étendre ses infrastructures électriques, dont certaines sont aujourd’hui vieillissantes.

Afin de structurer ce financement, les autorités ont notamment mis en place le Fonds national pour l’énergie et l’eau (FNEE). Ce mécanisme vise à mobiliser des ressources publiques, privées ainsi que celles des partenaires techniques et financiers afin d’accélérer les investissements dans l’électricité et l’accès à l’eau.

Selon les estimations présentées par le ministre Philippe Tonangoye en août 2025, le pays aurait besoin d’environ 2000 milliards de francs CFA par an, soit près de 3,3 milliards de dollars, pendant sept ans pour moderniser et étendre ses infrastructures électriques. Au-delà de l’électricité, ces investissements devraient également contribuer à améliorer l’accès à l’eau pour les populations.

Dans ce contexte, le renforcement de la coopération avec les partenaires américains apparaît comme une piste stratégique pour soutenir les ambitions du Gabon en matière d’infrastructures énergétiques et accompagner le développement économique du pays. 


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