Face à une demande d’électricité en forte croissance, le Kenya envisage la construction d’une centrale électrique au gaz naturel liquéfié d’une capacité de 1,2 GW à Mombasa. Selon des informations relayées le 11 mars par Bloomberg citant Alex Wachira, secrétaire principal à l’Énergie, le projet évalué à 2,9 milliards de dollars sera développé par Kenya Electricity Generating Company (KenGen) en partenariat avec des investisseurs privés.
Légende : Construction de centrale électrique à gaz
Le gouvernement kényan accélère ses projets énergétiques afin de répondre à l’augmentation rapide de la consommation d’électricité. Dans cette perspective, les autorités recherchent actuellement des conseillers en transaction chargés de structurer la future centrale au gaz qui sera implantée à Dongo Kundu, dans la ville portuaire de Mombasa.
Dotée d’une capacité prévue de 1 200 MW, l’infrastructure nécessitera un investissement estimé à 2,9 milliards de dollars. Elle fonctionnera au gaz naturel liquéfié importé et sera développée par la société publique Kenya Electricity Generating Company, en partenariat avec des investisseurs privés.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression de la demande électrique dans le pays. La société de distribution Kenya Power and Lighting Company a enregistré un nouveau record de consommation avec un pic de 2439,06 MW atteint le 4 décembre 2025, dépassant le précédent record de 2418,77 MW établi quelques semaines plus tôt.
Depuis 2018, la demande de pointe en électricité au Kenya a augmenté d’environ 35 %, selon des données de la Banque africaine de développement. Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation du nombre de ménages raccordés au réseau, les programmes d’électrification et la montée de la consommation énergétique dans les foyers. La croissance industrielle et l’urbanisation accentuent également les besoins pour alimenter usines, services et infrastructures.
D’après l’Energy and Petroleum Regulatory Authority (EPRA), la puissance électrique installée du Kenya atteignait 3840,8 MW en juin 2025, dont 3192 MW effectivement connectés au réseau national. La géothermie domine le mix énergétique avec 25,9 % de la capacité installée, suivie par l’hydroélectricité (24 %), les centrales thermiques (17,2 %), le solaire photovoltaïque (14,1 %) et l’éolien (12 %).
Parallèlement au développement de nouvelles capacités de production, le gouvernement renforce aussi les infrastructures de transport d’électricité afin d’améliorer la fiabilité de l’approvisionnement. En décembre 2025, la société publique de transmission Kenya Electricity Transmission Company (KETRACO) a conclu un accord de 311 millions de dollars avec un consortium associant Africa50 et Power Grid Corporation of India pour la construction de deux lignes de transport à haute tension.
Ces infrastructures permettront notamment d’évacuer environ 300 MW d’électricité géothermique depuis les champs de Baringo-Silali et d’étendre pour la première fois le réseau haute tension vers l’ouest du pays, une région souvent confrontée à des baisses de tension et à d’importantes pertes techniques.
Dans le même temps, Kenya Power and Lighting Company a lancé un programme d’investissement d’environ 1 milliard de shillings pour moderniser et étendre les infrastructures électriques dans l’ouest du Kenya. Le plan concerne 11 comtés, dont Kisumu, Homa Bay, Migori et Kakamega, avec pour objectif d’améliorer la fiabilité de l’alimentation électrique et de soutenir le dynamisme économique de ces régions.