En Afrique du Sud, la demande croissante d’électricité propre de la part des entreprises favorise le développement de nouvelles centrales renouvelables. Le 6 mars, le groupe norvégien Scatec a annoncé le lancement de la construction de la centrale solaire Thakadu de 255 MW par sa plateforme Lyra Energy. Ce projet, financé grâce à des contrats d’achat d’électricité conclus avec des clients industriels et commerciaux, illustre le rôle grandissant du secteur privé dans la transition énergétique du pays.
Légende : Transition Energétique
La transition vers une énergie plus propre en Afrique du Sud est de plus en plus portée par la demande du secteur privé. Plusieurs entreprises industrielles et commerciales cherchent désormais à s’approvisionner directement en électricité renouvelable afin de réduire leurs émissions de carbone et sécuriser leur approvisionnement énergétique.
Cette dynamique se traduit par la multiplication de contrats d’achat d’électricité renouvelable signés directement entre producteurs indépendants et grandes entreprises. Ce modèle, qui contourne partiellement les contraintes du réseau traditionnel, stimule l’investissement dans de nouvelles capacités de production solaire et éolienne.
L’annonce récente du groupe norvégien Scatec en est une illustration. L’entreprise a confirmé le bouclage financier et le lancement de la construction de la centrale solaire Thakadu, développée par la plateforme Lyra Energy.
Un projet solaire de grande envergure
Le projet Thakadu prévoit la construction d’une centrale solaire d’une capacité totale de 255 mégawatts. Il sera réalisé en deux phases. Les travaux de la première phase viennent de démarrer, tandis que la seconde devrait être lancée au second semestre 2026.
La mise en service commerciale de la première phase est attendue au premier semestre 2027. Une fois opérationnelle, l’installation contribuera à alimenter plusieurs entreprises clientes en électricité renouvelable grâce à des contrats d’achat d’énergie à long terme.
Le coût total du projet est estimé à environ 4 milliards de rands sud-africains, soit près de 240 millions de dollars. Le financement combine des fonds propres apportés par les actionnaires et une dette de projet sans recours. La banque Standard Bank of South Africa agit comme prêteur principal.
Selon Terje Pilskog, PDG de Scatec, la conclusion de ces contrats avec le secteur privé constitue une étape déterminante pour la concrétisation du projet.
Une dynamique qui touche plusieurs secteurs
La demande d’électricité renouvelable ne se limite pas à un seul secteur économique. Elle concerne notamment les industries minières, les services et l’immobilier commercial, qui figurent parmi les plus gros consommateurs d’électricité du pays.
Début mars, le développeur sud-africain Anthem Renewable Energy a ainsi annoncé le bouclage financier du projet solaire Notsi, d’une capacité de 475 MW. Ce projet est destiné au marché commercial et industriel grâce au mécanisme de wheeling, qui permet d’acheminer l’électricité produite par des centrales privées via le réseau public.
Plusieurs entreprises ont déjà recours à ce type d’accords d’approvisionnement. Parmi elles figurent la société immobilière Redefine Properties et le groupe minier Glencore, qui ont signé ces dernières années des contrats d’électricité renouvelable à long terme.
Un système énergétique encore dominé par le charbon
Malgré ces avancées, le système énergétique sud-africain reste largement dépendant des combustibles fossiles. Le réseau public est majoritairement alimenté par des centrales au charbon exploitées par l’entreprise publique Eskom.
Cependant, l’essor des contrats directs entre producteurs indépendants et entreprises constitue un levier important pour accélérer la transition énergétique du pays. En stimulant l’investissement dans les énergies renouvelables, ces accords contribuent progressivement à la diversification du mix énergétique.
Dans un contexte marqué par des besoins croissants en électricité et par la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’engagement du secteur privé apparaît désormais comme un moteur essentiel de la transformation énergétique de l’Afrique du Sud.