Face aux déficits chroniques d’électricité en Afrique subsaharienne, l’industrie minière explore de plus en plus les solutions renouvelables pour sécuriser son approvisionnement énergétique. En République démocratique du Congo, le projet solaire avec stockage développé pour le complexe de cuivre de Kamoa-Kakula illustre le potentiel du photovoltaïque pour fournir une énergie stable, compétitive et moins carbonée aux grandes opérations minières.
Légende : Panneau solaire
Dans un contexte marqué par des réseaux électriques souvent limités et instables, l’énergie solaire apparaît progressivement comme une alternative stratégique pour les industries lourdes en Afrique, notamment pour le secteur minier, très gourmand en électricité. En République démocratique du Congo (RDC), un projet énergétique développé par CrossBoundary Energy met en lumière les avantages croissants des solutions photovoltaïques pour sécuriser les opérations minières.
L’entreprise, membre du groupe CrossBoundary, développe actuellement une centrale solaire couplée à un système de stockage par batteries destinée au complexe minier de cuivre de Kamoa-Kakula, exploité par Kamoa Copper S.A. L’installation combine une capacité photovoltaïque de 233 MWp et un système de stockage d’énergie de 526 MWh, ce qui permettra de stabiliser la production électrique et d’assurer une alimentation continue des installations minières.
Selon CrossBoundary Energy, le dispositif devrait fournir une puissance garantie de 30 MW en continu, avec un taux de disponibilité annuel estimé à 95 %. Un niveau de performance qui rapproche les installations solaires hybrides des centrales thermiques en matière de fiabilité énergétique. La centrale devrait produire environ 300 000 MWh d’électricité par an, tout en évitant près de 78 750 tonnes d’émissions de CO₂.
Pour l’industrie minière, l’intérêt de telles infrastructures est multiple. D’une part, elles permettent de réduire la dépendance aux générateurs diesel coûteux et fortement émetteurs de carbone. D’autre part, l’intégration de systèmes de stockage améliore la stabilité de l’alimentation électrique, un facteur essentiel pour des opérations minières qui fonctionnent en continu et nécessitent une énergie fiable.
Ce projet intervient dans un contexte énergétique particulièrement contraint en RDC. Selon la Banque mondiale, le taux d’accès à l’électricité dans le pays se situe autour de 22 %, tandis que le réseau national reste limité et soumis à des fluctuations fréquentes. Dans ces conditions, le développement de capacités énergétiques autonomes ou hybrides devient un levier stratégique pour les grands sites industriels.
Cette tendance dépasse d’ailleurs les frontières congolaises. Dans plusieurs pays d’Afrique australe, notamment en Afrique du Sud, de nombreuses entreprises industrielles se tournent vers l’énergie solaire afin de sécuriser leur approvisionnement, réduire leurs coûts énergétiques et répondre aux exigences croissantes en matière de transition climatique.
L’essor de ces projets attire également des financements internationaux. En novembre 2025, CrossBoundary Energy a ainsi sécurisé 200 millions de dollars de dette supplémentaire auprès d’un consortium mené par Standard Bank pour soutenir le développement de son portefeuille de projets énergétiques destinés à l’industrie en Afrique. Quelques mois plus tôt, l’entreprise avait également bénéficié d’un investissement de 40 millions de dollars du fonds Impact Fund Denmark, illustrant l’intérêt croissant des investisseurs pour les solutions énergétiques renouvelables dédiées au secteur industriel africain.