Face au déficit énergétique qui touche encore des centaines de millions d’Africains, l’Afrique de l’Est accélère les initiatives pour renforcer la coopération régionale dans le secteur de l’électricité. Les pays de la région préparent la mise en service d’un marché régional de l’électricité attendu pour la mi-2026, un projet qui vise à faciliter les échanges d’énergie et à améliorer la sécurité énergétique.
Légende : Panneau solaire
Alors que plus de 600 millions d’Africains vivent encore sans accès à l’électricité, l’intégration énergétique régionale apparaît comme l’une des solutions privilégiées pour optimiser l’utilisation des capacités de production existantes. Elle doit également favoriser le développement des échanges d’électricité entre les pays du continent et renforcer la stabilité des réseaux.
Dans cette perspective, l’Afrique de l’Est prépare la mise en service d’un marché régional de l’électricité prévu pour la mi-2026. Selon des informations relayées le 2 mars par le site SolarQuarter, l’Eastern Africa Power Pool (EAPP) travaille actuellement à la mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel permettant l’échange d’électricité entre les pays membres de la région.
Pour soutenir cette démarche, les régulateurs du pool électrique est-africain ont récemment effectué une visite d’étude auprès du Southern African Power Pool (SAPP), qui exploite déjà un marché régional de l’électricité en Afrique australe. L’objectif de cette mission était d’analyser le fonctionnement de ce système d’échanges afin d’en tirer des enseignements pour la mise en place du futur marché est-africain.
La visite s’est achevée par la signature d’un mémorandum d’accord le 20 février à Harare entre les autorités de régulation des deux organisations. Cet accord prévoit un renforcement de la coopération ainsi qu’un partage d’expériences destiné à soutenir le développement des échanges transfrontaliers d’électricité entre les deux blocs régionaux.
Parallèlement, plusieurs projets d’infrastructures visent à renforcer l’intégration des réseaux électriques en Afrique de l’Est. Parmi les initiatives majeures figure l’interconnexion Zambie–Tanzanie–Kenya (ZTK), un projet stratégique destiné à relier les systèmes électriques d’Afrique australe et d’Afrique de l’Est. Dans un communiqué publié en 2025, le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) a indiqué que cette ligne de transport devrait faciliter les échanges d’électricité entre les deux régions tout en améliorant la sécurité énergétique régionale.
Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie continentale plus large d’intégration des systèmes électriques africains. Dans ses travaux consacrés au Continental Power Systems Masterplan, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) souligne que ce programme vise à coordonner le développement des infrastructures électriques sur l’ensemble du continent afin de renforcer les interconnexions entre les différents pools énergétiques africains.
Porté par l’Union africaine et le NEPAD, ce plan prévoit notamment la création progressive d’un marché africain unique de l’électricité, l’African Single Electricity Market (AfSEM). L’objectif est de faciliter les échanges transfrontaliers d’énergie à l’échelle continentale et de contribuer à améliorer durablement l’accès à l’électricité pour des millions d’Africains.