Face aux tensions persistantes sur le réseau électrique nigérian, Abuja Electricity Distribution Company (AEDC) explore un accord direct avec la compagnie pétrolière publique NNPC autour d’une centrale de 350 MW en construction à Gwagwalada, dans le territoire fédéral d’Abuja. L’objectif : accroître les heures de fourniture d’électricité dans la capitale et les États voisins.
Légende : Centrale électrique
Avec plus de 4 millions d’habitants selon les projections des Nations unies, le Territoire de la capitale fédérale d’Abuja subit, comme de nombreux États du Nigeria, des perturbations récurrentes dans son approvisionnement en électricité. Dans ce contexte tendu, Abuja Electricity Distribution Company (AEDC), chargée de la distribution d’électricité dans la capitale fédérale, cherche à sécuriser une source d’énergie plus stable.
Selon des informations publiées le 28 février par le média nigérian Vanguard, l’entreprise envisage de conclure un contrat bilatéral avec la compagnie pétrolière publique NNPC (Nigerian National Petroleum Company Limited). L’accord porterait sur la production d’une centrale électrique de 350 MW actuellement en construction à Gwagwalada, dans le Federal Capital Territory.
D’après Chijioke Okwuokenye, directeur général par intérim d’AEDC, cette option vise à renforcer la stabilité de l’alimentation électrique dans sa zone de concession, qui couvre non seulement Abuja, mais aussi les États de Kogi, Nasarawa et Niger. L’ambition affichée est d’augmenter le nombre d’heures d’électricité disponibles pour les consommateurs, dans un environnement marqué par des délestages fréquents.
Les discussions entre les deux parties portent encore sur les volumes d’énergie à fournir et sur les modalités contractuelles. Aucune date officielle de signature n’a été annoncée à ce stade.
Un contexte national marqué par une pénurie de gaz
Ce projet intervient dans un contexte particulièrement délicat pour le système électrique nigérian. La production nationale a récemment chuté en raison d’une pénurie de gaz, principal combustible des centrales thermiques du pays.
Selon le Nigerian Independent System Operator (NISO), l’offre électrique nationale est tombée à environ 4 300 MW, alors que les centrales thermiques reçoivent moins de 43 % du volume quotidien de gaz requis pour fonctionner à pleine capacité. Cette réduction des livraisons a entraîné une multiplication des coupures et un rationnement de l’électricité à travers le pays.
Les distributeurs, dont celui d’Abuja, voient ainsi leurs capacités limitées par la baisse de production sur le réseau national. Dans ce contexte, les accords directs entre producteurs et distributeurs, désormais autorisés par les réformes du secteur électrique nigérian, apparaissent comme une solution pour contourner les contraintes du système centralisé.
En misant sur la centrale de 350 MW développée par la NNPC, AEDC cherche donc à sécuriser une partie de son approvisionnement et à réduire sa dépendance aux fluctuations du réseau national. Reste à savoir si cet accord, une fois finalisé, permettra effectivement d’améliorer durablement la qualité de service pour les millions d’usagers de la capitale fédérale et des États environnants.