SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, CLIMAT ET TRANSITION AGRICOLE : Un levier stratégique pour une riziculture durable en Afrique de l’Ouest

Lancé le 13 février en Côte d’Ivoire par le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le programme Reward–AfricaRice sera déployé dans quatorze pays ouest-africains, dont le Bénin. Il vise, d’ici 2029, à renforcer la résilience climatique et la durabilité environnementale de la filière riz tout en réduisant la dépendance aux importations.

Riziculture Légende : Riziculture

Face aux effets croissants du changement climatique sur les systèmes agricoles, l’Afrique de l’Ouest engage une réponse structurée dans la filière rizicole. Le 13 février dernier, en Côte d’Ivoire, le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), en partenariat avec le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a lancé le Programme de renforcement de l’adaptation des chaînes de valeur rizicoles au changement climatique en Afrique de l’Ouest (Reward).

Au-delà de l’enjeu productif, Reward place l’environnement au cœur de son action. Doté d’un appui technique de 8,5 millions de dollars sur cinq ans, jusqu’en 2029, le programme cible quatorze pays vulnérables aux dérèglements climatiques, confrontés à la variabilité des pluies, à la dégradation des sols et à la pression accrue sur les ressources en eau. Il s’inscrit dans une enveloppe globale de 650 millions de dollars couvrant quinze pays de l’espace Cedeao, dont le Nigeria.

Le premier pilier du programme concerne le développement de systèmes de production durables et résilients au climat. Il prévoit la mise en place de systèmes d’irrigation adaptés, une gestion intégrée et durable des terres et des eaux, ainsi qu’un accès élargi à des semences certifiées résistantes aux stress climatiques. L’objectif est de limiter l’impact des sécheresses, des inondations et de l’irrégularité pluviométrique sur les rendements.

La transition écologique de la filière passe également par la promotion de pratiques agricoles plus responsables : meilleure maîtrise des intrants, optimisation de la fertilisation, mécanisation raisonnée et renforcement des services de vulgarisation pour accompagner les producteurs vers des techniques respectueuses des écosystèmes.

Le deuxième axe met l’accent sur la modernisation des infrastructures de transformation afin de réduire les pertes post-récolte, souvent aggravées par les conditions climatiques. En valorisant le riz local et en intégrant des technologies innovantes, y compris numériques, le programme entend améliorer la traçabilité, l’efficacité énergétique et l’accès au marché.

La troisième composante porte sur l’harmonisation des politiques et des cadres réglementaires pour renforcer la compétitivité du riz local face aux importations, tout en assurant un meilleur contrôle de la qualité des intrants agricoles. Cette approche régionale vise à créer un environnement favorable à des investissements durables et climato-intelligents.

Pour le Bénin, particulièrement exposé aux aléas climatiques et encore dépendant des importations, Reward représente un levier stratégique. En renforçant la résilience des exploitations et en soutenant des chaînes de valeur plus vertes, le programme pourrait contribuer à réduire la vulnérabilité alimentaire tout en protégeant les ressources naturelles.

Les partenaires institutionnels insistent sur cette dimension environnementale. Pour AfricaRice, l’autosuffisance en riz ne peut être atteinte sans une adaptation profonde aux réalités climatiques. Du côté de la Bad, l’investissement dans des chaînes de valeur résilientes s’inscrit dans une vision de stabilité économique à long terme, fondée sur des systèmes alimentaires durables.

Reste désormais le défi de la mise en œuvre. La réussite du programme dépendra de sa capacité à traduire ses ambitions environnementales en actions concrètes dans les champs, les rizeries et les marchés. À l’horizon 2029, l’enjeu est clair : faire de la riziculture ouest-africaine un modèle de production à la fois souverain, compétitif et respectueux du climat.


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