La Banque africaine de développement (BAD) et l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) ont récémment signé, un protocole d’accord pour déployer la troisième phase du programme Technologies for African Agricultural Transformation (TAAT III), visant à accélérer, à l’échelle du continent africain, la diffusion de technologies agricoles résilientes au climat et à renforcer durablement les systèmes de production face aux chocs environnementaux et économiques.
Légende : Résilience climatique
La signature de cet accord marque l’entrée opérationnelle du TAAT III, après l’approbation le 14 janvier 2026 par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque d’un financement additionnel de 16 millions de dollars, confirmant la volonté d’intensifier la transformation durable des systèmes agricoles africains dans un contexte d’aggravation des effets du changement climatique. Mis en œuvre par l’Institut international d’agriculture tropicale, le programme vise à consolider les acquis des phases précédentes en accélérant la diffusion de technologies éprouvées, adaptées aux sécheresses, aux inondations et à la dégradation des sols, tout en renforçant les systèmes semenciers et les mécanismes régionaux de transfert d’innovations. Lors de la cérémonie, le directeur général de la Banque africaine de développement pour le Nigéria, Abdul Kamara, a souligné l’urgence d’acheminer à grande échelle des solutions agricoles capables d’anticiper et d’atténuer les impacts climatiques, rappelant que cette nouvelle phase renforce les dispositifs favorisant l’innovation et l’adaptation environnementale. De son côté, Martin Fregene, vice-président de la Banque en charge de l’agriculture, a indiqué que les phases I et II avaient permis l’intégration de 238 innovations dans 46 pays et soutenu des projets régionaux dans 31 pays, jetant les bases d’une modernisation agricole sensible aux enjeux climatiques. Les résultats présentés par le directeur général de l’IITA, Dr Simeon Ehui, témoignent déjà de l’impact environnemental et socio-économique du programme : hausse de 69 % de la productivité des cultures ciblées, plus de 25 millions d’agriculteurs bénéficiaires et près de 476 748 tonnes de semences améliorées distribuées à 14,4 millions de petits exploitants, contribuant à limiter la pression sur les terres et à sécuriser les rendements malgré la variabilité climatique. En institutionnalisant le modèle TAAT au sein du CGIAR et en renforçant la coopération régionale et l’implication du secteur privé, TAAT III ambitionne de bâtir des chaînes de valeur agricoles plus résilientes, capables de soutenir la sécurité alimentaire tout en participant à l’atténuation et à l’adaptation climatiques sur l’ensemble du continent.