À Accra, lors du National Forum on Microgrids and Minigrids for Off-Grid Electrification, le ministre ghanéen de l’Énergie et de la Transition verte, John Abdulai Jinapor, a reconnu que le financement reste le principal frein au déploiement des micro-réseaux destinés aux zones rurales. Alors que le pays vise un accès quasi universel à l’électricité d’ici 2030, près de 3,5 millions de personnes demeurent privées d’un approvisionnement fiable.
Légende : Panneau solaire
Le Ghana ambitionne de porter l’accès à l’électricité à près de 100 % d’ici 2030, dont 95 % via le réseau national, le reste devant être assuré par des mini-réseaux et des systèmes solaires décentralisés pour les zones isolées. Mais malgré cette feuille de route claire, le financement constitue aujourd’hui l’obstacle majeur à l’électrification des communautés rurales non raccordées.
Intervenant lors du forum national consacré aux microgrids à Accra, John Abdulai Jinapor a souligné que « le financement demeure un obstacle », pointant les coûts élevés des projets et le risque perçu qui dissuade les investisseurs privés. Ces contraintes limitent la mobilisation des capitaux nécessaires au déploiement des micro et mini-réseaux, pourtant essentiels pour atteindre les localités enclavées.
Un défi persistant malgré les progrès
À l’échelle nationale, le taux d’accès à l’électricité a atteint 89,03 % en 2024, contre 88,75 % en 2023, selon le National Annual Progress Report du gouvernement. Cette progression reste toutefois insuffisante pour combler le déficit d’accès dans les communautés rurales, insulaires et lacustres, où environ 3,5 millions de personnes ne disposent toujours pas d’un service électrique fiable.
Dans ce contexte, le forum a réuni autorités publiques, régulateurs, acteurs privés et partenaires techniques et financiers afin d’examiner les cadres réglementaires et les mécanismes financiers susceptibles d’accélérer l’implantation des micro-réseaux.
Accélérer la transition énergétique
Parallèlement, le Ghana multiplie les initiatives pour structurer le développement des énergies renouvelables. En septembre 2023, le gouvernement a lancé le Plan national de transition énergétique (2022-2070), qui prévoit une montée en puissance progressive des énergies propres dans le mix national.
Les renouvelables représentaient environ 36 % de la production d’électricité en 2022, principalement grâce à l’hydroélectricité. Le solaire, en revanche, ne pesait que 4,77 % du mix électrique, selon les données officielles.
Pour renforcer cette dynamique, un programme de 200 millions de dollars a été lancé en octobre 2025 afin de financer l’installation d’environ 4 000 systèmes solaires photovoltaïques sur les toits, pour une capacité totale estimée à 137 MW. L’objectif est double : réduire la pression sur le réseau national et accroître la part des énergies propres.
Le ministère de l’Énergie déploie également le Scaling-Up Renewable Energy Programme (SREP) pour électrifier les communautés hors réseau à travers des solutions renouvelables décentralisées. Ces actions s’inscrivent dans un cadre budgétaire comprenant un fonds dédié aux énergies renouvelables, approuvé par le Parlement, destiné à soutenir les projets solaires et les infrastructures associées.
À terme, les autorités visent une part de 10 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Mais pour que l’électrification rurale tienne ses promesses, la résolution de l’équation financière des micro-réseaux apparaît désormais comme une priorité stratégique.