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COP30 DE BELEM :
Le Togo restitue sa participation et alerte sur trois défis majeurs du financement climatique
Le Togo a ouvert, le jeudi 19 février 2026 à Lomé, un atelier national de restitution de sa participation à la COP30, tenue du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil. Cette rencontre a réuni les acteurs institutionnels, techniques et les organisations de la société civile engagés dans la lutte contre les changements climatiques, avec pour objectif de partager les conclusions des négociations internationales et d’en renforcer l’appropriation au niveau national.
Table d’honneur
Yélian Martine AWELE
En procédant à l’ouverture des travaux, Nabédé Pyabalo, Directeur de cabinet du ministère de l’Environnement, de la Protection côtière et du Changement climatique, représentant le Ministre, le Professeur Kokoroko, a souligné la portée stratégique de cette initiative. Selon lui, l’atelier vise à créer un cadre de débat, d’échanges stratégiques et de coopération nationale autour des résultats issus des négociations climatiques internationales. Il a insisté sur le fait que la participation du Togo à la COP30 ne saurait se limiter à une présence diplomatique. Les conclusions de Belém, a-t-il indiqué, doivent être comprises, partagées et traduites en actions concrètes sur le terrain, en cohérence avec les priorités nationales de développement et les engagements climatiques du pays. Le responsable a également rappelé que le Togo fait déjà face à des manifestations visibles du dérèglement climatique : pluies intenses et tardives, poches de sécheresse, pression accrue sur les écosystèmes, élévation du niveau de la mer et dégradation des espaces verts. Ces phénomènes affectent directement les conditions de vie des populations, les activités économiques et les infrastructures.
Prenant la parole à son tour, Edou Komlan, Responsable de la Cellule nationale de veille climatique, a replacé la COP30 dans un contexte mondial particulièrement préoccupant. Il a évoqué des vagues de chaleur parmi les plus étendues jamais enregistrées, conséquence de l’accumulation continue des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cette situation résulte à la fois de la poursuite des émissions et de la diminution de la capacité d’absorption du dioxyde de carbone par les puits naturels, aggravée par des températures de surface des océans exceptionnellement élevées.
Les négociations de Belém ont ainsi porté sur plusieurs axes majeurs : le relèvement de l’ambition climatique, la mise en œuvre effective des engagements, l’adaptation, la transparence et, surtout, le financement climatique en faveur des pays en développement. Sur ce dernier point, les autorités togolaises ont mis en lumière trois défis majeurs. Le premier concerne l’insuffisance des financements mobilisés au regard des besoins réels d’adaptation et d’atténuation. Le deuxième porte sur l’accessibilité des fonds, souvent conditionnée par des procédures complexes et exigeantes pour les pays à capacités institutionnelles limitées. Le troisième défi réside dans la prévisibilité et la durabilité des ressources financières, indispensables pour planifier des actions de long terme. Edou Komlan a rappelé que les pays en développement contribuent à peine à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont environ 0,7 % pour le Togo, alors qu’ils subissent les impacts les plus sévères. Les catastrophes climatiques entraîneraient chaque année des pertes estimées entre 2 et 5 % du PIB des pays les plus fragiles, accentuant leur vulnérabilité économique et sociale.
À travers cet atelier de restitution, les autorités togolaises entendent renforcer la coordination nationale, améliorer la circulation de l’information et consolider la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre des négociations climatiques internationales. L’ambition est de faire de la participation du Togo aux conférences des parties un véritable levier de transformation, au service de la résilience des populations, de la protection des écosystèmes et d’un développement durable aligné sur les priorités nationales.