Le Sénégal veut atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Dans cette perspective, la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC) prévoit d’alimenter 6 471 villages supplémentaires d’ici 2029, pour un coût estimé à 400 milliards de FCFA. Soutenu par la Banque mondiale, ce programme vise surtout à réduire le retard des zones rurales, où le taux d’accès reste limité à 66 %, contre une couverture déjà complète en milieu urbain.
Légende : Transition énergétique
L’annonce est claire : d’ici 2029, 6 471 villages sénégalais devraient être raccordés au réseau électrique national. Le projet, porté par la SENELEC et estimé à environ 400 milliards de FCFA (724 millions de dollars), constitue l’un des chantiers les plus ambitieux du pays en matière d’infrastructures énergétiques. Selon Djiby Dieng, directeur principal des équipements de la société, la Banque mondiale a décidé d’accompagner financièrement cette initiative, ce qui devrait permettre de lancer rapidement les travaux.
Cette décision intervient dans un contexte où le Sénégal affiche déjà des progrès notables. En 2024, environ 84 % de la population avait accès à l’électricité. Toutefois, cette moyenne masque une forte disparité : si les zones urbaines bénéficient d’une couverture complète, les zones rurales restent à la traîne avec un taux d’accès de 66 %. Dès lors, le défi consiste moins à électrifier les grandes villes qu’à étendre durablement le réseau vers les localités les plus enclavées.
Par ailleurs, le pays multiplie les investissements pour renforcer son système électrique. Le 4 février dernier, quatre postes haute tension ont été mis en service à Dakar afin de consolider l’approvisionnement de la capitale. Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large. D’après le rapport « Electricity 2026 » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publié en février 2026, le Sénégal est en bonne voie pour atteindre son objectif, conformément à son plan « Energy Compact », qui prévoit une progression annuelle de l’accès à l’électricité de 2,9 % afin d’atteindre la couverture universelle avant 2030.
En parallèle, le pays prépare une transformation profonde de son mix énergétique. Historiquement dominée par les centrales au fioul, la production d’électricité devrait évoluer rapidement. En effet, la part du gaz, encore marginale en 2025, pourrait atteindre près de 30 % en 2030. De leur côté, les énergies renouvelables devraient représenter environ 22 % du mix, soit une progression significative par rapport aux années précédentes. Cette diversification vise à réduire les coûts de production, à renforcer la sécurité énergétique et à limiter l’impact environnemental.
Cependant, plusieurs défis restent à relever. D’une part, la mobilisation effective des financements demeure essentielle pour respecter le calendrier annoncé. D’autre part, l’extension du réseau dans les zones rurales implique des coûts élevés et des contraintes techniques importantes. Il faudra également veiller à la maintenance des installations et à la capacité des ménages à supporter le coût de l’électricité.
Ainsi, l’électrification de 6 471 villages ne représente pas seulement un objectif chiffré ; elle constitue un enjeu social et économique majeur. En améliorant l’accès à l’énergie, le Sénégal entend stimuler l’activité économique locale, renforcer les services de santé et d’éducation, et réduire les inégalités territoriales. Si le pari est tenu, le pays pourrait devenir l’un des rares en Afrique subsaharienne à atteindre l’accès universel à l’électricité avant l’échéance fixée par l’Objectif de développement durable n°7.