39E SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLEE DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE L’UNION AFRICAINE : L’Afrique mobilisée pour l’accès durable à l’eau et à l’assainissement

Les 14 et 15 février 2026, les chefs d’État et de gouvernement des 55 pays membres de l’Union africaine (UA) se sont réunis à Addis-Abeba à l’occasion de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée. Placée sous le thème « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre l’Agenda 2063 », cette rencontre intervient dans un contexte préoccupant : près de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable suffisante et plus de 800 millions restent privés de services d’hygiène de base.

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La 39ᵉ Session Ordinaire de l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) s’est achevée dimanche à Addis-Abeba, marquant une étape importante dans les efforts du continent pour renforcer la sécurité hydrique, la paix, la gouvernance et l’intégration régionale. Ce sommet a réuni les dirigeants africains autour d’ambitions concrètes pour 2026 et au-delà.

À l’ouverture des travaux, João Lourenço, président sortant de l’UA, a indiqué que les discussions porteront à la fois sur l’évaluation des objectifs fixés au cours de l’année écoulée et sur les actions à entreprendre pour renforcer le fonctionnement de l’organisation.

Plusieurs priorités figurent à l’ordre du jour : le renforcement de la paix et de la sécurité dans les zones en conflit, la promotion du développement économique et de l’intégration régionale à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la gestion durable des ressources en eau et la poursuite des réformes institutionnelles de l’UA.

Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a pour sa part évoqué la persistance des conflits et les défis liés aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, tout en appelant à une action collective renforcée. De son côté, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rappelé l’importance de transformer les visions politiques en institutions solides et durables afin de répondre efficacement aux besoins des populations africaines. Les décisions issues de ce sommet devront contribuer à rapprocher les ambitions de l’Agenda 2063 des réalités quotidiennes des citoyens du continent

Priorité stratégique à l’eau et à l’assainissement

Au cœur des débats, la sécurité hydrique a été définie comme une priorité continentale essentielle au développement durable, à la santé publique et à la stabilité sociale. Les États membres ont convenu que l’accès universel à l’eau potable et à un assainissement sûr n’est pas seulement une question de service de base, mais un levier pour stimuler l’agriculture, renforcer la résilience climatique et prévenir les conflits liés aux ressources. Le thème 2026 traduit une volonté collective de faire de la gestion durable de l’eau un pilier de l’Agenda 2063, la feuille de route de développement à long terme du continent, et de mobiliser ressources et partenariats pour sa mise en œuvre effective.

Paix, sécurité et stabilité renforcées

Outre les questions hydriques, la session a porté une attention particulière à la paix et à la sécurité à travers l’Afrique. Alors que plusieurs zones du continent continuent de faire face à des tensions – notamment dans certaines régions de l’Est et du Sahel – les chefs d’État ont souligné la nécessité d’intensifier les efforts de prévention des conflits, de promouvoir le cessez-le-feu et de renforcer les mécanismes de sécurité régionaux. Les discussions ont également abordé les moyens de lutter contre le terrorisme, de favoriser la stabilité politique et de consolider le rôle des institutions africaines dans la résolution des crises.

Intégration économique et Agenda 2063

L’intégration économique figure parmi les points clés soulignés durant les travaux. Les dirigeants ont rappelé l’importance de renforcer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), d’accélérer la circulation des biens et des services et de faciliter la coopération économique entre les États membres. Cette dynamique s’inscrit dans l’ambition de l’Agenda 2063 d’aboutir à une Afrique connectée, prospère et compétitive sur la scène mondiale.

Coopération internationale et perspectives

Un moment symbolique du sommet fut la passation de la présidence tournante de l’Union africaine, avec l’élection de Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi, à la tête de l’organisation pour l’année 2026. Cette transition, saluée par les participants, traduit la volonté de renforcement de la coopération politique et diplomatique entre les pays africains.

Plusieurs dirigeants internationaux et institutions, dont le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, ont réitéré leur soutien aux objectifs de l’UA, notamment en matière de sécurité hydrique, de paix et de développement durable. Les échanges ont souligné l’importance d’une coopération multilatérale renforcée, tout en appelant à une plus grande autonomie financière pour les institutions africaines.

A terme, la 39ᵉ Session Ordinaire de l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine a mis en lumière une ambition renouvelée pour une Afrique résiliente, intégrée et solidaire, plaçant l’eau et l’assainissement comme catalyseurs du progrès, tout en réaffirmant l’engagement du continent envers la paix, la sécurité et le développement économique. Face à ces enjeux majeurs, la jeunesse africaine continue de réclamer une plus grande attention à ses besoins quotidiens, notamment l’emploi, la sécurité et la participation citoyenne. Selon l’Union africaine, les décisions adoptées lors de ce sommet doivent rapprocher les ambitions politiques du continent de la réalité vécue par ses habitants.

Quelques propos

“Lors de cette conférence, des questions essentielles au fonctionnement et au développement de l’Union africaine seront débattues, ainsi que des réflexions sur les objectifs fixés par l’organisation au cours de l’année écoulée, les résultats obtenus et les actions restant à entreprendre. Nous nous efforcerons également de définir ensemble la meilleure voie à suivre”.

João Lourenço, Président sortant de l’Union africaine – Angola


 Les conflits ouverts ou latents deviennent chroniques. Les changements constitutionnels de gouvernement refont surface et nous rappellent les temps obscurs post-indépendance. Le bouleversement de l’ordre international a certainement un impact significatif sur les affaires du continent, sans oublier les ingérences récurrentes dans nos affaires par des acteurs externes.”

Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine – Djibouti


“Le progrès est réalisé quand la vision est traduite dans les systèmes et les idées dans les institutions durables. Comme nous l’avons construit sur la vision d’eau africaine 2025, nous réfléchissons à une simple vérité.” 

Abiy Ahmed, Premier ministre – Éthiopie



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