Au Bénin, la Société Béninoise de Production d’Electricité (SBPE) et la Société Béninoise d'Energie Electrique (benin power utility company"] (SBEE) ont annoncé, le mardi 10 février 2026 à Cotonou, des perturbations dans la fourniture d’électricité observées depuis plusieurs semaines sur l’ensemble du territoire, en raison de contraintes techniques affectant les interconnexions électriques régionales.
Légende : Centrale électrique
La SBPE et la SBEE ont indiqué dans un communiqué conjoint que ces perturbations résultent de « contraintes techniques affectant les interconnexions électriques régionales », lesquelles impactent temporairement l’équilibre et la stabilité du réseau national. Connecté au système électrique ouest-africain, le Bénin bénéficie d’échanges transfrontaliers qui contribuent à optimiser les coûts et à sécuriser une partie de son approvisionnement. Toutefois, cette intégration régionale crée une dépendance structurelle qui expose le pays aux dysfonctionnements extérieurs, comme l’illustrent les difficultés observées ces dernières semaines.
Cette situation confirme un diagnostic déjà posé dans le « Pacte national de l’énergie », publié en septembre 2025 dans le cadre de la Mission 300. Le document souligne l’insuffisance des capacités de production nationales et la forte dépendance du pays aux importations d’électricité. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les importations nettes représentaient en 2023 près de 83,3 % de la consommation finale d’électricité. La production nationale reposait majoritairement sur le gaz naturel, qui constituait 69 % de l’électricité produite cette année-là, alors même que l’approvisionnement en gaz demeure lui aussi soumis à des contraintes techniques.
Face à ces vulnérabilités, les autorités béninoises affichent des ambitions de renforcement du système électrique à l’horizon 2030. Le pays prévoit d’ajouter 126 MWc de capacités solaires photovoltaïques et 265 MW de capacités thermiques supplémentaires afin de porter la part des énergies renouvelables à 30 % du mix électrique. L’objectif est également de relever le taux d’accès à l’électricité à au moins 70 %, contre 42,6 % fin 2024, en raccordant près de 928 000 nouveaux ménages. Le développement de capacités de stockage de gaz naturel liquéfié est par ailleurs envisagé pour diversifier les sources d’approvisionnement et réduire la dépendance aux infrastructures régionales existantes. Dans l’immédiat, cependant, les perturbations actuelles rappellent la fragilité d’un réseau encore largement tributaire des équilibres énergétiques ouest-africains.