Le Port autonome de Douala (PAD) a annoncé le lancement d’un projet de centrale électrique autonome de 300 MW au port de Douala-Bonabéri, dont les travaux débuteront en mars 2026, afin de sécuriser son alimentation énergétique et renforcer le réseau de la ville.
Légende : Port Autonome de Douala
Le Port autonome de Douala (PAD) s’apprête à franchir une étape majeure dans sa stratégie de modernisation avec la mise en œuvre d’une centrale électrique autonome d’une capacité finale de 300 MW. Les travaux de cette infrastructure stratégique, localisée au port de Douala-Bonabéri, doivent démarrer en mars 2026 pour une durée prévisionnelle de 36 mois.
D’un coût global estimé à 628 milliards de FCFA, soit environ 1,1 milliard de dollars américains, le projet est encadré par une convention signée le 12 septembre 2025 entre le PAD et la Douala Port Power Corporation S.A. (DPPC), désignée maître d’ouvrage. Il est structuré sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP) de type Build-Operate-Transfer (BOT) sur une période de 25 ans. L’investissement est entièrement porté par la DPPC, sans garantie financière du PAD ni de l’État camerounais.
L’objectif principal est de garantir une alimentation énergétique continue et « propre » aux installations portuaires, dans un contexte où le réseau électrique de Douala reste marqué par des coupures récurrentes et des pertes économiques. À terme, l’infrastructure permettra également d’injecter un surplus d’énergie dans le réseau urbain, contribuant ainsi à stabiliser l’approvisionnement de la capitale économique.
La réalisation technique du projet a été confiée à un consortium d’entreprises chinoises dans le cadre d’un contrat EPC (Engineering, Procurement and Construction). Le groupement est dirigé par GENERTEC CMC, avec la participation de China Energy, tandis que JD Group intervient comme ingénieur conseil. L’assistance à maîtrise d’ouvrage est assurée par le PAD. Le financement repose sur un montage impliquant l’État chinois et plusieurs institutions financières, avec CCA Bank en chef de file.
Le chantier sera exécuté en deux phases. La première prévoit la construction d’une centrale de 102 MW, associée à un gazoduc reliant Kribi à Douala, pour un investissement estimé à 397 milliards de FCFA. La seconde phase, qui s’étendra sur dix ans, permettra d’augmenter progressivement la capacité à 300 MW grâce à un apport additionnel de 230 milliards de FCFA.
Selon Cyrus Ngo’o, Directeur général du PAD, ce projet s’inscrit dans le Schéma directeur de développement du port et répond aux standards internationaux d’efficacité énergétique appliqués aux infrastructures portuaires et aux navires. Au-delà de la sécurisation énergétique, l’enjeu est également compétitif : l’autonomie énergétique doit renforcer la fiabilité des opérations logistiques et consolider le positionnement du port de Douala comme hub maritime en Afrique centrale.
Les promoteurs annoncent par ailleurs la création de plus de 1 100 emplois directs et indirects durant les phases de construction et d’exploitation. Des revenus récurrents sont également attendus pour le PAD et l’État camerounais à travers la vente d’électricité, faisant de ce projet un levier stratégique à la fois énergétique, économique et industriel.