ÉNERGIE : Le Sénégal sur la bonne voie pour l’accès universel à l’électricité d’ici 2029

Dans un contexte africain encore marqué par de fortes inégalités d’accès à l’électricité, le Sénégal fait figure d’exception. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le pays est en passe d’atteindre la couverture électrique universelle dès 2029, soit un an avant l’échéance mondiale fixée par les Objectifs de développement durable

Accès à l'électricité Légende : Accès à l'électricité

L’accès universel à l’électricité demeure un défi majeur sur le continent africain. Pourtant, certains pays se distinguent par des avancées rapides et structurées, portées par des stratégies énergétiques cohérentes et une meilleure valorisation des ressources domestiques. C’est le cas du Sénégal, que l’Agence internationale de l’énergie identifie comme l’un des États les mieux positionnés pour atteindre cet objectif à court terme.

Dans son rapport Electricity 2026, publié en février, l’AIE indique que le Sénégal pourrait parvenir à l’accès universel à l’électricité dès 2029. Cet engagement figure dans l’Energy Compact du pays, élaboré dans le cadre de l’initiative Mission 300, qui vise à accélérer l’électrification en Afrique. Le Sénégal y prévoit une augmentation annuelle du taux d’accès de 2,9 %, suffisante pour atteindre une couverture totale avant l’échéance de l’ODD7 fixée à 2030.

Une base déjà solide

Cet objectif repose sur des progrès déjà significatifs. En 2024, environ 84 % de la population sénégalaise avait accès à l’électricité, un niveau parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne. La couverture est désormais totale en zones urbaines, tandis que les zones rurales affichent un taux d’accès estimé à 66 %, selon l’AIE.

Ces résultats traduisent les efforts soutenus déployés ces dernières années pour étendre le réseau, développer des solutions hors réseau et renforcer la capacité de production. Ils placent le Sénégal dans une position favorable pour combler le déficit résiduel d’ici la fin de la décennie.

Une transformation du mix électrique en cours

Pour accompagner l’extension de l’accès et répondre à la hausse rapide de la demande, l’AIE anticipe une transformation profonde du mix électrique sénégalais. Le gaz naturel y jouera un rôle central. Sa part dans la production d’électricité devrait passer de moins de 1 % en 2025 à environ 30 % en 2030, marquant une rupture avec un système historiquement dominé par le fioul.

Parallèlement, les énergies renouvelables devraient poursuivre leur montée en puissance. Leur contribution à la production électrique est attendue à 22 % en 2030, soit une progression d’environ dix points par rapport à 2025. Cette évolution vise à renforcer la sécurité énergétique tout en limitant les coûts et les émissions.

Des projets structurants déjà engagés

Cette transformation s’appuie sur plusieurs projets concrets. L’AIE cite notamment la mise en service, en 2025, d’une centrale solaire de 16 MW, équipée d’un système de stockage de 10 MW/20 MWh. Le lancement du projet NEO Kolda, combinant 60 MW solaires et 20 MW pour 72 MWh de stockage, illustre également cette dynamique.

Côté thermique, la conversion au gaz naturel de la centrale de Bel Air (335 MW), auparavant alimentée au fioul lourd, constitue une étape majeure. À terme, cette installation devrait s’approvisionner en gaz domestique, renforçant l’autonomie énergétique du pays.

Une demande en forte croissance

Cette montée en capacité répond à une demande en forte progression. La consommation d’électricité a augmenté de 22 % en glissement annuel en 2025 et devrait croître d’environ 8 % par an entre 2026 et 2030, selon l’AIE. Une dynamique qui confirme l’urgence d’intégrer rapidement de nouvelles capacités de production pour soutenir la croissance économique et sociale.

À l’échelle africaine, la trajectoire du Sénégal apparaît ainsi comme un modèle de transition énergétique maîtrisée et d’accès progressif à l’électricité pour tous.


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