TRANSITION ENERGETIQUE EN AFRIQUE DE L’EST : La Banque africaine de développement soutient une nouvelle centrale géothermique au Kenya

Avec un financement de 16,5 millions de dollars, la BAD accompagne Nairobi dans sa stratégie d’élargissement de l’accès à l’électricité et de diversification de son mix énergétique, en misant sur le potentiel géothermique du site de Menengai.

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Le Kenya poursuit activement ses efforts pour renforcer l’accès à l’électricité et accélérer sa transition énergétique. Tout au long de l’année écoulée, le pays a multiplié les initiatives visant à accroître ses capacités de production, en particulier à partir de sources renouvelables. Dans cette dynamique, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, le 22 janvier, l’approbation d’un prêt de 16,5 millions de dollars destiné à soutenir la construction d’une nouvelle centrale géothermique d’une capacité de 35 mégawatts (MW).

Ce financement bénéficiera au projet OrPower Twenty-Two, développé par un producteur indépendant d’électricité sur le champ géothermique de Menengai, situé dans le comté de Nakuru, au centre-ouest du Kenya. Menengai figure parmi les zones prioritaires identifiées par les autorités kényanes pour le développement de la géothermie, une ressource considérée comme stratégique dans le pays.

La centrale OrPower Twenty-Two représente le troisième projet de 35 MW implanté sur ce champ géothermique. Une première installation de capacité équivalente est déjà en exploitation, tandis qu’un deuxième projet est actuellement en cours de développement grâce à un financement distinct. À terme, l’ensemble de ces infrastructures portera la capacité installée de la première phase du site de Menengai à 105 MW.

L’électricité produite par la future centrale sera achetée par la Kenya Power and Lighting Company (KPLC), l’opérateur public de distribution d’électricité, dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (Power Purchase Agreement – PPA) d’une durée de 25 ans. Une fois pleinement opérationnelle, l’installation devrait générer environ 301 gigawattheures (GWh) par an, contribuant ainsi de manière significative à l’approvisionnement du réseau national.

La Geothermal Development Company (GDC), entreprise publique kényane, sera chargée de fournir la vapeur nécessaire à l’exploitation des centrales du site. Ce modèle, reposant sur une séparation des rôles entre développement des ressources et production d’électricité, vise à réduire les risques pour les investisseurs privés et à accélérer le déploiement de projets géothermiques.

Au-delà du cas kényan, la géothermie connaît un regain d’intérêt à l’échelle mondiale. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette technologie demeure encore peu exploitée, représentant moins de 1 % du mix énergétique mondial. Toutefois, dans une analyse publiée en janvier 2025, l’agence souligne une dynamique nouvelle, portée par la hausse rapide de la demande mondiale d’électricité et par des avancées technologiques majeures.

Les progrès réalisés dans le forage profond et les systèmes géothermiques améliorés permettent désormais d’exploiter des ressources jusqu’ici difficilement accessibles, élargissant ainsi le champ des possibles à de nouvelles régions. Dans son rapport The Future of Geothermal Energy, publié en décembre 2024, l’AIE estime que, dans certains scénarios favorables, la géothermie pourrait représenter jusqu’à 15 % de la croissance de la demande mondiale d’électricité d’ici 2050.

Pour le Kenya, déjà pionnier africain dans ce domaine, ces évolutions confirment le rôle central de la géothermie dans sa stratégie énergétique de long terme.


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